France : le catholicisme attire de nouveau la jeunesse
Avec plus de 21.000 baptêmes d’adultes et d’adolescents prévus à Pâques, l’Église catholique française franchit un seuil inédit. Dans un pays longtemps présenté comme déchristianisé, cette poussée révèle moins un simple regain statistique qu’une quête de sens, de stabilité et d’enracinement chez une génération que l’on disait définitivement détachée du religieux.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
— Avec plus de 21.000 baptêmes prévus à Pâques, l’Église catholique française enregistre un record porté surtout par les jeunes adultes.
— Les principales motivations relèvent moins des réseaux sociaux que de l’épreuve, du questionnement spirituel et du besoin d’un appui dans une société désorientée.
— Ce renouveau ne compense pas le recul du catholicisme culturel, mais il révèle qu’une part de la jeunesse française cherche de nouveau dans l’Église un cadre, un sens et une continuité.
La France croyait avoir réglé la question religieuse. Elle découvre, avec une certaine stupeur, que le catholicisme recommence à attirer. À Pâques, plus de 21.000 adultes et adolescents recevront le baptême, un niveau jamais atteint depuis que l’épiscopat suit le phénomène avec précision. La hausse est spectaculaire. En dix ans, le nombre de catéchumènes a bondi de plus de 400 %. Surtout, cette progression ne concerne pas d’abord des générations âgées revenant à la foi de leur enfance, mais des profils souvent jeunes, parfois sans véritable culture chrétienne, et qui viennent d’eux-mêmes frapper à la porte de l’Église.
Le fait mérite d’être mesuré à sa juste portée. Il ne signifie pas que la France redevient un pays massivement catholique. Il ne compense pas non plus l’effondrement, toujours massif, des baptêmes de nourrissons. Mais il dit quelque chose de profond sur le moment français. Dans une société désorientée, fatiguée, travaillée par l’angoisse, le morcellement affectif et la dissolution des repères, le catholicisme réapparaît pour une partie de la jeunesse comme une forme d’appui. Non comme un vieux reste, mais comme une réponse possible.
Pour continuer la lecture, abonnez-vous ou utilisez un crédit.
Déjà abonné(e) ? Se connecter