G7 : Macron veut sécuriser l'accès aux terres rares pour réduire la dépendance à la Chine
À Évian, Emmanuel Macron espère conclure un accord entre les pays du G7 sur les minerais critiques et les terres rares. Objectif : sécuriser des ressources devenues indispensables à l'industrie, à la défense et à l'intelligence artificielle, tout en réduisant les dépendances vis-à-vis de la Chine.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Au G7 d'Évian, Emmanuel Macron défend un accord sur les terres rares et les minerais critiques afin de réduire la dépendance occidentale à la Chine et sécuriser les chaînes d'approvisionnement.
Au milieu des discussions sur l'Iran, l'Ukraine ou encore l'intelligence artificielle, Emmanuel Macron met également en avant un sujet beaucoup plus discret mais potentiellement décisif pour l'économie mondiale : les minerais critiques et les terres rares.
Interrogé sur les conséquences concrètes que pourrait avoir le sommet du G7 dans la vie quotidienne des Français, le président français a cité un dossier qu'il considère comme l'un des principaux résultats attendus de la réunion d'Évian. « Je pense qu'on va réussir à conclure un accord », a-t-il déclaré.
Un exemple de décision de ce G7 d’Évian qui aura des conséquences sur le quotidien des Français ?
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) June 15, 2026
Un accord sur les minerais critiques et les terres rares doit être conclu. C’est bon pour sortir de nos dépendances et diversifier nos approvisionnements. pic.twitter.com/6BcMThBSrp
Des métaux indispensables à l'économie moderne
Derrière leur nom peu connu du grand public, les terres rares sont devenues indispensables au fonctionnement de nombreuses technologies modernes.
Smartphones, ordinateurs, batteries, véhicules électriques, équipements militaires, centres de données ou encore infrastructures liées à l'intelligence artificielle dépendent tous de ces matériaux.
« On a tous besoin de minerais critiques et de terres rares », a rappelé Emmanuel Macron. Selon lui, ces ressources sont aujourd'hui aussi stratégiques que l'énergie ou les semi-conducteurs.
La Chine au cœur des préoccupations
Le principal problème est que la Chine occupe une position dominante dans de nombreuses chaînes d'approvisionnement liées à ces matériaux.
Pékin contrôle une part importante de l'extraction, du raffinage et de la transformation de plusieurs minerais stratégiques utilisés dans les industries de pointe.
Cette concentration nourrit depuis plusieurs années les inquiétudes des pays occidentaux.
Pour Emmanuel Macron, l'objectif du G7 est précisément de réduire cette dépendance en diversifiant les sources d'approvisionnement et en renforçant la coopération entre alliés.
Le président français a lui-même établi le parallèle.
Éviter un nouveau scénario Covid
Selon lui, l'Occident doit éviter de revivre les difficultés rencontrées pendant la pandémie, lorsque de nombreuses chaînes d'approvisionnement se sont retrouvées paralysées.
« C'est exactement ce qu'on a connu sur les masques, les tests ou les vaccins pendant le Covid », a-t-il expliqué.
L'idée consiste donc à anticiper d'éventuelles ruptures d'approvisionnement plutôt que de devoir gérer une crise une fois qu'elle a éclaté.
Un enjeu industriel, militaire et technologique
Au-delà de l'économie, la question touche également à la souveraineté stratégique. Les terres rares jouent un rôle essentiel dans la fabrication de nombreux équipements militaires, satellites, systèmes de communication et composants électroniques avancés.
Elles sont également au cœur de la course mondiale à l'intelligence artificielle, qui nécessite d'immenses capacités de calcul reposant sur des infrastructures gourmandes en ressources stratégiques.
L'un des dossiers majeurs du sommet
Si les discussions sur l'Iran dominent l'actualité du G7, Emmanuel Macron considère que cet accord sur les minerais critiques pourrait constituer l'un des résultats les plus concrets du sommet.
Peu spectaculaire en apparence, ce dossier touche pourtant directement à la capacité des économies occidentales à sécuriser leurs approvisionnements dans un monde de plus en plus fragmenté.
Pour Paris, l'enjeu est clair : éviter qu'une dépendance excessive à un acteur unique ne puisse demain fragiliser l'industrie européenne, comme d'autres dépendances l'ont déjà fait par le passé.