Google ne pourra pas pomper l’eau de la Sambre pour son futur data center de Farciennes
François Desquesnes refuse à Google le pompage de l’eau de la Sambre pour son futur data center de Farciennes. Le ministre wallon invoque le principe de précaution face aux incertitudes hydrologiques.
Publié par A JS
Résumé de l'article
François Desquesnes refuse le permis permettant à Google de pomper l’eau de la Sambre pour son futur data center de Farciennes. Le ministre wallon invoque les incertitudes hydrologiques et le principe de précaution. Google analyse la décision et peut encore introduire un recours devant le Conseil d’État.
Google devra revoir ses plans pour refroidir son futur data center de Farciennes. François Desquesnes (Les Engagés), ministre wallon du Territoire, refuse le permis modificatif demandé par le groupe américain. Le projet prévoyait de pomper de l’eau dans la Sambre voisine. L'information est rapportée par Le Soir et la RTBF.
Le géant américain prévoit un deuxième centre de données sur le site de Farciennes. Pour refroidir ses installations, Google voulait utiliser directement l’eau de la Sambre. Son premier data center, presque achevé, fonctionne avec un système de refroidissement par air.
L’administration wallonne des voies hydrauliques avait pourtant rendu un avis favorable. Les autorités avaient ensuite accordé un permis modificatif au groupe américain. Un citoyen avait cependant introduit un recours contre cette autorisation.
Le pompage de l’eau de la Sambre jugé trop incertain
Les services du ministre ont réexaminé le dossier après ce recours. François Desquesnes a finalement décidé de refuser le permis. Il invoque le principe de précaution et la situation hydrologique actuelle en Wallonie.
« Je ne souhaite pas m’engager dans un contexte hydrologique qui change en profondeur », explique le ministre au Soir. La sécheresse qui touche actuellement la Wallonie pèse notamment dans son appréciation du dossier.
François Desquesnes estime surtout manquer de garanties pour les prochaines années. Selon lui, les autorités wallonnes ne disposent pas d’une visibilité suffisante sur les ressources disponibles.
« La réalité du changement climatique s’impose à nous et doit modifier notre approche de ce type de dossiers », explique-t-il. Le ministre met aussi en avant les incertitudes liées au prélèvement demandé par Google.
François Desquesnes invoque le principe de précaution
Le ministre wallon refuse de prendre un engagement à long terme sans garanties suffisantes. Il redoute également les conséquences financières éventuelles pour la Région wallonne.
« Je n’ai pas suffisamment de visibilité pour garantir que dans les années à venir, la Région pourra assumer le prélèvement d’eau demandé par Google », précise François Desquesnes.
Il poursuit en évoquant les risques liés à une autorisation accordée aujourd’hui. « Il y a trop d’incertitudes en l’état, et il y a un risque d’engager la responsabilité, notamment financière, de la Région », ajoute-t-il.
La décision ne remet pas en cause le premier centre de données presque achevé à Farciennes. Celui-ci conserve son système de refroidissement par air. Le refus concerne le permis modificatif lié au second projet et au prélèvement dans la Sambre.
Google peut encore saisir le Conseil d’État
Google n’a pas encore annoncé les conséquences concrètes de cette décision sur son projet. Le groupe américain confirme qu’il analyse actuellement le refus du ministre wallon.
La procédure ne s’arrête pas nécessairement à cette décision. Google dispose encore d’une possibilité de recours contre le refus du permis modificatif.
Le géant américain peut saisir le Conseil d’État afin de contester la décision ministérielle. Il devra donc choisir entre cette voie juridique et une éventuelle adaptation de son projet de refroidissement.