Grèce : les réseaux sociaux interdits aux moins de 15 ans dès janvier 2027
Le Parlement grec a voté l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans à partir du 1er janvier 2027. Portée par le gouvernement, cette mesure vise à protéger les mineurs contre les risques d’addiction.
Publié par A JS
Résumé de l'article
La Grèce interdira les réseaux sociaux aux moins de 15 ans dès janvier 2027. Adoptée par la majorité conservatrice, la loi prévoit une vérification de l'âge et des sanctions contre les plateformes. L'opposition socialiste proposait une réglementation moins stricte pour les 13-14 ans.
La Grèce interdira l'accès aux réseaux sociaux aux enfants de moins de 15 ans dès le 1er janvier 2027. Le Parlement a adopté cette législation dans la nuit de jeudi à vendredi, après des débats particulièrement animés. Le texte a obtenu les seules voix de la majorité gouvernementale.
Le Premier ministre conservateur Kyriakos Mitsotakis concrétise ainsi un engagement annoncé en avril dernier. Il avait choisi TikTok, particulièrement populaire auprès des adolescents, pour présenter cette mesure qu'il jugeait « difficile mais nécessaire ».
Le gouvernement entend réduire l'exposition des enfants aux risques liés à l'utilisation excessive des plateformes numériques. L'addiction aux réseaux sociaux constitue la principale justification avancée par les autorités grecques.
Réseaux sociaux : des contrôles d'âge et des sanctions
La nouvelle législation prévoit des mécanismes de vérification de l'âge des utilisateurs. Les plateformes devront respecter les restrictions imposées aux mineurs concernés.
Le texte prévoit également des sanctions sévères contre les entreprises qui ne respecteraient pas ces obligations. Il fait aussi référence au projet européen de réglementation baptisé Kids Act.
Le ministre grec de la Gouvernance numérique et de l'Intelligence artificielle, Dimitris Papastergiou, a défendu la compatibilité du dispositif avec le droit européen. Il considère cette interdiction comme une réponse efficace et nécessaire au problème de dépendance numérique des mineurs.
L'application de cette législation reposera notamment sur la capacité des plateformes à vérifier l'âge de leurs utilisateurs. Cette obligation constitue un élément central du dispositif adopté.
Une mesure soutenue par la droite, contestée par l'opposition
Le vote a révélé des divergences entre les formations politiques grecques. Nouvelle-Démocratie, le parti de droite du Premier ministre, a adopté le texte grâce à sa majorité parlementaire.
Le Pasok, principale formation d'opposition socialiste, n'a pas soutenu la loi. Ses députés ont voté « présent », exprimant leurs réserves sur plusieurs dispositions.
Le parti socialiste défendait une formule différente. Il proposait une interdiction totale pour les moins de 13 ans, accompagnée d'un contrôle parental pour les adolescents de 13 et 14 ans.
Cette solution devait, selon le Pasok, garantir une meilleure proportionnalité des restrictions. Les autres formations de gauche et les partis nationalistes ont voté contre la législation gouvernementale.
Une tendance internationale à la restriction d'accès
La décision grecque rejoint les initiatives prises dans plusieurs pays pour encadrer l'utilisation des réseaux sociaux par les mineurs.
L'Australie a notamment instauré une interdiction pour les moins de 16 ans à la fin de l'année 2025. Cette mesure constitue l'un des exemples les plus marquants de réglementation nationale dans ce domaine.
Selon un décompte de l'AFP, plus de vingt pays ont adopté des restrictions comparables. Ces dispositifs ciblent principalement les adolescents de moins de 15 ou 16 ans.
La législation grecque ajoute désormais un nouveau pays européen à cette évolution. Elle associe une limite d'âge obligatoire à des contrôles techniques et à des sanctions contre les plateformes.