« Je suis horrifiée par les gens qui me disent qu'il n'y a qu'à mettre la clim partout ! » : La sortie de Monique Barbut qui fait polémique
Invitée de BFMTV en pleine canicule, la ministre de la Transition écologique Monique Barbut s'est dite « horrifiée » par les appels à généraliser la climatisation. Une déclaration qui a déclenché une vive polémique et de nombreuses réactions de responsables politiques, journalistes et éditorialistes.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Les propos de la ministre Monique Barbut sur la climatisation, tenus sur BFMTV en pleine canicule, ont déclenché une vive polémique et de nombreuses réactions politiques.
En pleine canicule, la climatisation s'est invitée au cœur du débat politique français. Sur le plateau de BFMTV, la ministre de la Transition écologique et de la Biodiversité, Monique Barbut, a vivement réagi aux appels en faveur d'un recours plus large à la climatisation.
« Je suis horrifiée par tout ce que j'entends, par les gens qui me disent : "Ah ! Mais il n'y a qu'à mettre la clim partout." Très bien, on va mettre la clim partout. Vous croyez que ça va éviter un feu de forêt ? Vous croyez que ça va éviter une culture de ne pas exister ? Vous croyez que ça va éviter la mort des animaux ? (...) Rien. »
Selon la ministre, la climatisation constitue au mieux « une mesure d'urgence » permettant d'éviter que les gens ne suffoquent, mais ne représente en aucun cas une véritable stratégie d'adaptation au changement climatique.
Une adaptation ou une urgence ?
Les propos de Monique Barbut ont rapidement fait réagir, plusieurs observateurs estimant que le débat était mal posé.
En effet, les défenseurs d'un développement de la climatisation ne soutiennent généralement pas qu'elle permettrait d'empêcher les incendies de forêt, les sécheresses agricoles ou la disparition d'espèces animales. Ils la présentent plutôt comme un moyen de limiter les conséquences sanitaires des vagues de chaleur sur les populations, en particulier dans les hôpitaux, les maisons de repos, les écoles ou les logements fortement exposés.
C'est précisément sur ce point que plusieurs critiques estiment que la ministre construit un argument qu'aucun de ses contradicteurs ne défend réellement, avant de le réfuter.
Une avalanche de réactions
Les réactions n'ont pas tardé. Le maire de Cannes, David Lisnard, s'est déclaré « horrifié » par des propos qu'il juge « sans fondement scientifique ». Selon lui, il existe en revanche un lien direct entre l'absence de climatisation et « la fermeture des écoles » ou « la mise en danger des patients dans les hôpitaux surchauffés ». Il qualifie la climatisation d'« adaptation basique » et de « mesure d'urgence de salubrité publique ».
Et moi je suis horrifié par de tels propos, sans fondement scientifique, qui n’ont aucun rapport avec la réalité, comme il n’y en a pas, non plus, entre la climatisation et les « feux de forêt » ou « la mort des animaux ».
— David Lisnard (@davidlisnard) June 26, 2026
Il y en a en revanche entre l’absence de climatisation… https://t.co/DuynswFrJt
L'eurodéputé François-Xavier Bellamy estime, lui aussi, que « la climatisation sauve des vies » et reproche à la ministre d'avoir contribué, lorsqu'elle présidait le WWF, à combattre la reconnaissance du nucléaire comme énergie durable au niveau européen.
Madame Barbut a oublié que la climatisation sauve des vies, et que l’idéologie qu’elle propage, en ayant empêché d’équiper des hôpitaux et des EHPAD, met aujourd’hui des personnes vulnérables en danger.
— Fx Bellamy (@fxbellamy) June 26, 2026
Et puisqu’elle s’énerve sur l’urgence d’agir face au réchauffement… https://t.co/AmgK38PUY3
L'essayiste Éric Naulleau l'invite avec ironie à expérimenter les transports en commun sans climatisation avant de donner des leçons aux Français confrontés aux fortes chaleurs.
Madame la ministre, commencez par expérimenter les transports en commun sans climatisation, ainsi que je le fais moi-même chaque jour, et ensuite vous viendrez me raconter ma vie. #Vismavie #Barbut https://t.co/pb1stsRRaB
— Eric Naulleau (@EricNaulleau) June 26, 2026
La journaliste Géraldine Woessner considère pour sa part que Monique Barbut recourt à un « sophisme de l'homme de paille », consistant à attribuer à ses contradicteurs une position caricaturale afin de la réfuter plus facilement. « Personne, évidemment, n'a tenu ce discours », écrit-elle.
Si vous avez rencontré le crétin qui aurait dit : "Ah, bah y'a qu'à mettre la clim' partout", voudriez-vous me l'indiquer ?
— Géraldine Woessner (@GeWoessner) June 26, 2026
Personne, évidemment, n'a tenu ce discours.
Monique Barbut pratique ici le "sophisme de l'homme de paille", qui consiste à présenter la position d'un… https://t.co/TShd41HEhX
Sur les réseaux sociaux, Laurent Alexandre va jusqu'à réclamer son départ du gouvernement, estimant que les « Ayatollahs verts » auraient pris le contrôle du ministère de l'Environnement.
Les Ayatollahs verts ont noyauté le ministère de l’environnement
— Docteur Laurent Alexandre (@dr_l_alexandre) June 27, 2026
Ils sont
Anti nucléaire
Anti Clim
Anti biotechnologies
Anti croissance
C’est gens sont dangereux
Il faut mettre des gens normaux dans ce ministère
Et virer la ministre immédiatement https://t.co/tofaPG9ZsN
Un débat qui dépasse la climatisation
Au-delà de la polémique, cette séquence illustre un débat plus profond sur la manière de répondre aux conséquences du réchauffement climatique.
D'un côté, certains responsables mettent l'accent sur les mesures structurelles : isolation des bâtiments, végétalisation des villes, réduction des émissions de gaz à effet de serre ou adaptation des infrastructures.
De l'autre, plusieurs élus et spécialistes considèrent que ces politiques ne dispensent pas d'investir dans des solutions immédiates destinées à protéger les populations lors des épisodes de chaleur extrême, la climatisation étant, selon eux, l'une de ces réponses lorsque les conditions l'exigent.
Les déclarations de Monique Barbut montrent ainsi que, même au sein des partisans d'une action forte contre le changement climatique, la question de l'adaptation continue de susciter des désaccords profonds.