LFI : le maire de Saint-Denis visé par une plainte pour emploi fictif présumé à la RATP
Une plainte a été déposée auprès du Parquet national financier contre X après des révélations du Canard enchaîné sur le parcours professionnel de Bally Bagayoko. L'association AC!! Anti-Corruption s'interroge sur la compatibilité entre son poste de cadre à la RATP, ses multiples mandats électifs et les rémunérations perçues.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, est visé par une plainte déposée au Parquet national financier après des révélations sur son cumul présumé entre un poste de cadre à la RATP et plusieurs mandats électifs.
Le maire La France insoumise de Saint-Denis, Bally Bagayoko, est désormais au cœur d'une nouvelle affaire.
L'association AC!! Anti-Corruption a annoncé avoir saisi le Parquet national financier (PNF) d'une plainte contre X à la suite des révélations publiées cette semaine par Le Canard enchaîné. L'association évoque de possibles faits de détournement de fonds publics, d'emploi fictif, de prise illégale d'intérêts, de favoritisme, de manquement à la probité et de cumul irrégulier d'activités publiques.
Le principal intéressé n'a pas souhaité réagir.
Un poste de cadre à la RATP et plusieurs mandats
Selon Le Canard enchaîné, Bally Bagayoko aurait occupé pendant de nombreuses années un poste de cadre à la RATP tout en exerçant simultanément plusieurs responsabilités politiques.
Le journal affirme notamment qu'il a cumulé son emploi avec ses fonctions d'adjoint au maire de Saint-Denis puis, durant une période, avec celles de vice-président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis.
Le journal évoque également un recrutement à la RATP sans concours ni entretien, des horaires qualifiés d'« élastiques » et une rémunération dépassant les 6.000 euros mensuels, primes comprises.
Une question centrale : le travail était-il effectivement exercé ?
À ce stade, la plainte ne constitue évidemment pas une preuve de culpabilité. Mais AC!! Anti-Corruption estime que plusieurs vérifications s'imposent.
L'association souhaite notamment savoir si une autorisation officielle de cumul avait bien été accordée, si les règles applicables aux agents publics ont été respectées et surtout si Bally Bagayoko exerçait effectivement à temps plein ses fonctions de cadre à la RATP pendant qu'il occupait plusieurs responsabilités électives.
Si tel n'était pas le cas, les rémunérations perçues pourraient, selon l'association, relever d'une utilisation indue de fonds publics.
Des indemnités municipales également pointées
Le Canard enchaîné affirme par ailleurs qu'après la perte de son mandat départemental en 2015, Bally Bagayoko aurait bénéficié d'une augmentation de plus de 100 % de ses indemnités d'adjoint au maire.
Selon le journal, cette revalorisation aurait permis de compenser la perte d'une partie de ses revenus d'élu.
Ces éléments font également partie du contexte examiné par l'association anticorruption.
Le PNF désormais saisi
Le président d'honneur d'AC!! Anti-Corruption, l'ancien juge Éric Halphen, explique que son association agit indépendamment de toute considération politique.
Selon lui, dès lors que des soupçons concernent un élu et une entreprise publique telle que la RATP, il appartient au Parquet national financier d'examiner les faits et de décider s'ils justifient l'ouverture d'une enquête.
À ce stade, aucune procédure judiciaire n'a encore été engagée contre Bally Bagayoko, et le PNF devra désormais déterminer si les éléments transmis justifient des investigations complémentaires.