Jean-Jacques Cloquet : "Les grèves à répétition abîment clairement l’image de la Belgique"
Ancien CEO de Brussels South Charleroi Airport et aujourd’hui député wallon, Jean-Jacques Cloquet (Les Engagés) revient sur la grève nationale qui a fortement perturbé les aéroports belges et sur les enjeux du secteur. Hausse du carburant, dépendance à Ryanair, fiscalité, avenir du low cost : une interview sans langue de bois.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- Jean-Jacques Cloquet estime que les grèves à répétition abîment l’image de la Belgique et de Charleroi Airport.
- L’ancien CEO juge que le billet d’avion à 20 euros appartient désormais au passé.
- Il appelle à une taxation européenne du kérosène plutôt qu’à des initiatives belges isolées.
- Le député des Engagés continue de croire au rôle économique stratégique des aéroports wallons.
21News : Jean-Jacques Cloquet, bonjour. Ce mardi 12 mai, l’aéroport de Charleroi, comme d'autres, a de nouveau été fortement perturbs par la grève nationale. À force de répétition, ce type de paralysie ne finit-il pas par abîmer durablement l’image de la Belgique et de ses aéroports ?
Jean-Jacques Cloquet : Oui, bien sûr. Ce n’est certainement pas bon pour l’image. Les voyageurs commencent à se demander s’ils ne risquent pas une grève au moment de partir en vacances. Beaucoup ont peur de perdre leurs réservations ou leurs locations, surtout quand les assurances ne remboursent pas. Ce sont des pertes importantes pour les familles. Directement, les gens vont réfléchir à deux fois en se demandant s'ils ne risquent pas une grève, surtout s'ils prévoient de partir pour des périodes plus longues. En cas de grève, les assurances ne remboursent pas forcément, et les gens perdent leurs locations. Ce sont des pertes non négligeables. C'est là qu'est le risque : c'est excessivement mauvais pour l'image et cela peut avoir des conséquences sur le trafic.
Il faut protéger le droit de grève sans fragiliser tout un secteur
Le problème, c’est que nous sommes dans un environnement très concurrentiel. En moins de deux heures, les voyageurs peuvent aller prendre un avion à Lille, Maastricht, Eindhoven, Cologne ou Luxembourg. À force de répétition, cela peut avoir des conséquences sur le trafic, sur les compagnies et sur tout un éco-système, extrêmement en Wallonie.
21News : Quel message voulez-vous envoyer aux syndicats ?
Jean-Jacques Cloquet : Pendant dix ans à la tête de l’aéroport, je n’ai pas connu de grève. Cela montre qu’il faut avant tout privilégier la concertation. Le droit de grève existe et il est fondamental, mais il faut aussi mesurer les conséquences économiques pour les passagers, les compagnies aériennes et l’ensemble du secteur. Les compagnies font leur analyse de marché, elles regardent si un pays est stable avant d’investir.
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