ONU : Donald Trump envisagerait Viktor Orbán pour succéder à António Guterres
L'administration Trump envisagerait de soutenir l'ancien Premier ministre hongrois Viktor Orbán pour prendre la tête des Nations unies. Selon le Wall Street Journal, la Russie et la Chine pourraient également appuyer sa candidature. Reste à convaincre la France et le Royaume-Uni, qui disposent d'un droit de veto.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Donald Trump envisagerait de soutenir Viktor Orbán à la tête de l'ONU, avec l'appui possible de la Russie et de la Chine.
Viktor Orbán pourrait-il devenir le prochain secrétaire général des Nations unies ? Selon des révélations du Wall Street Journal, l'administration de Donald Trump aurait approché l'ancien Premier ministre hongrois afin de l'encourager à briguer la succession d'António Guterres, dont le mandat s'achève le 31 décembre prochain.
D'après le quotidien américain, qui cite des sources provenant de trois pays, Washington souhaiterait présenter Orbán comme un candidat commun aux États-Unis, à la Russie et à la Chine. Les deux puissances auraient accueilli favorablement cette possibilité lors de discussions préliminaires.
L'ancien dirigeant hongrois, battu lors des élections législatives d'avril dernier après seize années au pouvoir, se serait montré réceptif à cette proposition. Il souhaiterait toutefois obtenir des garanties suffisantes sur ses chances de succès avant de s'engager officiellement.
Un candidat susceptible de réunir Washington, Moscou et Pékin
La candidature d'Orbán présenterait un intérêt particulier pour les trois puissances. Proche de Donald Trump, qui l'avait publiquement soutenu lors des dernières élections hongroises, l'ancien Premier ministre partage avec le président américain plusieurs orientations politiques, notamment en matière d'immigration et de souveraineté nationale.
Orbán entretient également des relations privilégiées avec Vladimir Poutine et a régulièrement contesté certaines sanctions européennes contre la Russie. Parallèlement, il a développé les relations économiques et diplomatiques de la Hongrie avec la Chine.
Selon le Wall Street Journal, un responsable américain estime qu'Orbán pourrait déjà compter sur huit voix au Conseil de sécurité, avec la possibilité d'en obtenir dix. Neuf votes favorables sont nécessaires pour que le Conseil recommande un candidat à l'Assemblée générale.
La France et le Royaume-Uni pourraient bloquer sa nomination
Le principal obstacle résiderait toutefois dans l'opposition éventuelle de Paris et de Londres. La désignation du secrétaire général nécessite une recommandation du Conseil de sécurité, sans veto de l'un de ses cinq membres permanents : les États-Unis, la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni. L'Assemblée générale procède ensuite à la nomination.
Or, les relations entre Viktor Orbán et plusieurs capitales européennes ont été particulièrement conflictuelles au cours de ses années au pouvoir, notamment sur l'État de droit, l'immigration, les sanctions contre Moscou et le soutien à l'Ukraine.
À ce stade, ni la France ni le Royaume-Uni n'ont indiqué publiquement quelle serait leur position face à une éventuelle candidature hongroise.
Une succession toujours incertaine
La recherche d'un successeur à António Guterres se heurte depuis plusieurs semaines aux divergences entre grandes puissances. Plusieurs candidatures ont déjà rencontré des oppositions au sein du Conseil de sécurité.
Parmi les personnalités actuellement en lice figure notamment Lana Nusseibeh, ancienne ambassadrice des Émirats arabes unis auprès des Nations unies, dont la candidature a récemment émergé comme une possibilité de compromis.
Un nouveau vote indicatif du Conseil de sécurité est prévu mercredi 28 octobre afin d'évaluer les soutiens dont disposent les différents candidats.
Viktor Orbán ne devrait pas y participer, aucune candidature officielle n'ayant encore été annoncée. Son éventuelle entrée dans la course pourrait néanmoins modifier sensiblement les équilibres diplomatiques autour de cette succession.
Si elle se concrétisait, sa nomination constituerait un changement notable pour une fonction traditionnellement confiée à des diplomates ou à d'anciens responsables politiques réputés pour leur capacité à rechercher des compromis internationaux.