« Bien sûr » : Bally Bagayoko veut priver le RN de parole pendant la présidentielle
Sur LCI, Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis, s'est déclaré favorable à une interdiction de parole du Rassemblement national pendant la campagne présidentielle. Malgré les rappels des journalistes aux principes démocratiques, l'élu a maintenu sa position. Une conception pour le moins inquiétante du pluralisme politique.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Sur LCI, Bally Bagayoko se dit favorable à une interdiction de parole du RN pendant la présidentielle, malgré les objections des journalistes.
Un parti démocratiquement représenté peut-il être privé de parole au motif que ses idées déplaisent à ses adversaires ? Pour Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis, la réponse semble être oui. Invité dimanche soir sur LCI, l'élu a ouvertement défendu l'idée d'interdire au Rassemblement national de s'exprimer dans les médias pendant la campagne présidentielle, suscitant la stupéfaction des journalistes présents.
Tout commence lorsque Darius Rochebin rappelle que les temps de parole médiatiques tiennent compte des résultats obtenus lors des élections précédentes. « Ah ça, moi, je suis pas d'accord avec ça », rétorque Bally Bagayoko, estimant que les personnes tenant des propos racistes ne devraient pas bénéficier de temps de parole.
Anne Nivat lui rappelle alors une évidence : « C'est le fonctionnement d'une démocratie, Monsieur Bagayoko. » — « Ça, c'est votre point de vue », répond l'élu.
🇫🇷 FLASH INFO | Bally Bagayoko (LFI) souhaite interdire la parole dans les médias du RN au motif de « propos racistes ». pic.twitter.com/OvXmhuNKLv
— French Report (@french_report78) October 26, 2026
« Vous interdiriez le RN de parole publique ? » — « Bien sûr »
Guillaume Roquette pose alors une question sans détour : « Vous seriez favorable à ce qu'on interdise de parole le Rassemblement national pendant cette campagne présidentielle ? »
« Ah oui », répond Bally Bagayoko, avant de préciser qu'il vise les propos qu'il considère comme racistes. Darius Rochebin insiste : « Actuellement, vous interdiriez le RN de parole publique ? » — « Bien sûr », confirme l'élu, qui rapproche ensuite le parti de « groupuscules racistes » et accuse certains acteurs d'avoir contribué à sa « normalisation ».
Difficile d'être plus explicite. Le maire ne se contente pas de dénoncer des déclarations qu'il juge condamnables : il approuve le principe d'une interdiction de parole visant un parti politique représenté dans les institutions françaises.
Combattre le RN dans les urnes, mais lui retirer la parole ?
La contradiction est saisissante. Quelques instants auparavant, Bally Bagayoko affirmait vouloir « combattre le Rassemblement national dans les urnes ». Comment prétendre organiser une confrontation électorale démocratique tout en souhaitant priver l'un des adversaires de la possibilité de défendre publiquement ses idées ?
La législation française sanctionne déjà les propos racistes et les incitations à la haine. Mais la condamnation de déclarations illégales ne saurait justifier, par elle-même, l'exclusion générale d'une formation politique du débat public.
En démocratie, ce n'est pas à un responsable politique de décider quels adversaires méritent de s'exprimer en fonction de son propre jugement sur leurs convictions. Une telle logique reviendrait à faire du pluralisme un privilège réservé aux seules formations jugées acceptables.
Plus préoccupant encore, l'argumentation de Bally Bagayoko tend à présenter le Rassemblement national comme une organisation raciste par nature, sans distinguer les éventuels propos répréhensibles de certains de ses représentants de l'ensemble du parti et de ses électeurs.
La démocratie ne consiste pourtant pas à faire taire ses adversaires, mais à les combattre par les arguments et par les urnes. Qu'un élu puisse envisager aussi ouvertement de priver un parti d'expression pendant une campagne présidentielle, tout en se réclamant de la défense des valeurs démocratiques, constitue une offensive politique majeure.