L’Arménie pourrait bientôt déposer sa candidature à l’Union européenne
Le premier ministre arménien Nikol Pachinian envisage de déposer prochainement une demande d’adhésion de l’Arménie à l’UE. Cette perspective accentue les tensions entre Erevan et Moscou.
Publié par A JS
Résumé de l'article
Nikol Pachinian envisage une candidature prochaine de l’Arménie à l’Union européenne. Erevan veut connaître la position de Bruxelles avant tout référendum. Moscou exige au contraire un choix immédiat entre l’UE et l’Union économique eurasiatique.
L’Arménie pourrait prochainement demander son adhésion à l’Union européenne. Le Premier ministre Nikol Pachinian a évoqué cette possibilité lundi devant le Parlement. Il n’a cependant annoncé aucun calendrier précis.
L’adhésion de l’Arménie doit encore paraître réaliste
Le dirigeant arménien veut d’abord mesurer les chances réelles de son pays. Selon lui, Erevan doit déposer sa candidature avant d’organiser un référendum. Les autorités pourront ensuite évaluer la réponse des institutions européennes.
«L’Arménie doit d’abord déposer sa candidature à l’adhésion à l’Union européenne», a déclaré Nikol Pachinian. Il estime qu’une consultation populaire deviendrait pertinente après cette première étape.
«Nous pourrions enclencher ce processus dans un futur proche», a-t-il ajouté. Le Premier ministre a évoqué les demandes pressantes des partenaires économiques de son pays.
L’Arménie avait déjà adopté une loi sur le lancement du processus européen en mars 2025. Ce texte exprimait une orientation politique, sans constituer une candidature officielle. L’Union européenne avait pris acte de cette ambition. Elle n’avait cependant accordé aucun statut de candidat à Erevan. Le sommet UE-Arménie de mai 2026 avait confirmé le renforcement des relations bilatérales.
Moscou réclame un choix clair à Erevan
La Russie juge incompatible une adhésion simultanée aux deux ensembles économiques. L’Arménie appartient toujours à l’Union économique eurasiatique. Cette organisation rassemble aussi la Russie, le Bélarus, le Kazakhstan et le Kirghizstan.
Les dirigeants de ces quatre pays ont accentué la pression en mai. Ils ont demandé à Erevan de consulter sa population par référendum. Les Arméniens devraient choisir entre l’Union européenne et l’alliance économique dominée par Moscou.
Cette exigence place Nikol Pachinian face à un choix délicat. L’Union économique eurasiatique garantit la libre circulation des biens, des capitaux et des travailleurs. Elle offre aussi à l’Arménie un accès privilégié au marché russe.
Moscou utilise déjà cette dépendance économique comme moyen de pression. La Russie a notamment restreint les importations de plusieurs produits agricoles arméniens. Elle représente pourtant un débouché essentiel pour les producteurs du pays.
La rupture sécuritaire avec la Russie
Le rapprochement européen découle aussi d’une profonde crise de confiance. Erevan reproche à Moscou son manque de soutien face à l’Azerbaïdjan. La rupture s’est accélérée après l’offensive azerbaïdjanaise de septembre 2023.
Cette opération a permis à Bakou de reprendre entièrement le Haut-Karabakh. Plus de 100.000 Arméniens ont alors fui cette enclave vers l’Arménie. Erevan a dénoncé l’inaction des forces russes déployées dans la région.
Le gouvernement arménien a ensuite suspendu sa participation à l’Organisation du traité de sécurité collective. Cette alliance militaire régionale reste dominée par la Russie. L’Arménie n’a toutefois pas formellement quitté l’organisation.
Depuis lors, Nikol Pachinian développe les relations avec Bruxelles et Washington. L’Union européenne approfondit sa coopération politique et économique avec Erevan. Elle travaille aussi avec l’Arménie sur les réformes et la libéralisation des visas.
Une candidature officielle ne garantirait donc aucune adhésion rapide. Elle ouvrirait un processus long et incertain et elle confirmerait surtout le recul de l’influence russe dans le Caucase du Sud.