Le maire de Limoges attendait un appel d'Emmanuel Macron, il a eu un mail de JD Vance
Onze jours après l’incendie de son hôtel de ville, le maire de Limoges, Guillaume Guérin, n’a toujours pas reçu d’appel d’Emmanuel Macron. En revanche, il a reçu un message du vice-président américain JD Vance. Le contraste dit tout.
Publié par Loïc Cotteret
Résumé de l'article
Après l’incendie de la mairie de Limoges, le maire Guillaume Guérin regrette de n’avoir reçu ni appel ni message d’Emmanuel Macron, alors que JD Vance lui a adressé un courrier de soutien. Un contraste qui alimente sa colère contre un État jugé dépassé face aux violences du 17 octobre.
Le 17 octobre, les flammes ont dévoré la mairie de Limoges. Le beffroi s’est effondré sous les regards stupéfaits des habitants, et les images ont rapidement franchi les frontières. Mais ce qui continue de choquer Guillaume Guérin, ce n’est pas seulement la destruction d’un bâtiment emblématique. C’est le silence venu du sommet de l’État.
« Je n’ai eu aucun appel, aucun SMS du président de la République », a regretté le maire Nouvelle Énergie, ce mercredi sur BFMTV. Pour lui, l’affaire dépasse la simple courtoisie protocolaire : la mairie d’une grande ville française a été ravagée, et le chef de l’État ne l’a pas contacté directement.
Un soutien venu de Washington
Le plus surprenant est ailleurs. Parmi les messages reçus par l’élu figure un courriel du vice-président des États-Unis, JD Vance. Rédigé en français, il exprime, selon Guillaume Guérin, « beaucoup de compassion pour la France ».
L’édile ne se fait pas d’illusions sur l’auteur réel du message, qu’il attribue volontiers à un conseiller. Mais le symbole reste brutal : un dirigeant américain prend le temps d’écrire, quand le président français reste absent. « Je trouve ça surprenant qu’un vice-président d’une très grande puissance mondiale se fende d’un mail alors même que la présidence de la République de notre propre pays ne le fait pas », a-t-il lâché.
Après les violences du 17 octobre à Limoges, le maire Guillaume Guérin affirme n’avoir reçu AUCUN appel d’Emmanuel Macron.
— Jon De Lorraine (@jon_delorraine) October 28, 2026
En revanche, il révèle avoir été contacté par mail par le vice-président américain JD Vance.
Les Français doivent savoir. pic.twitter.com/Oucu7rlJda
Une carence que l’édile assume de dénoncer
Guillaume Guérin ne se contente pas de déplorer une absence d’appel. Il accuse l’État d’avoir failli le 17 octobre. Selon lui, la police n’avait plus, dès la fin d’après-midi, les moyens d’assurer le maintien de l’ordre face aux violences.
Son message est sans détour : « J’appelle le gouvernement à prendre conscience de la gravité de ce qu’il se passe dans ce pays. » Derrière la colère d’un maire meurtri se dessine une question plus large : l’autorité publique peut-elle encore protéger ce qui incarne la République ?
"J'appelle le gouvernement à prendre conscience de la gravité de ce qu'il se passe dans ce pays", lance Guillaume Guérin, maire LR-Nouvelle Énergie de Limoges pic.twitter.com/IAqTz7lqXf
— RMC (@RMCInfo) October 28, 2026
Lecornu présent, Macron absent
Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’est bien rendu à Limoges. Le maire lui en sait gré : sa venue a montré que l’État n’avait pas totalement tourné le dos à une ville traumatisée.
Mais cette présence n’efface pas l’attente déçue envers Emmanuel Macron. Guérin dit avoir lui-même appelé l’Élysée, sans obtenir l’inverse. « Je suis très surpris de la façon dont Emmanuel Macron a traité cette affaire », a-t-il déclaré.
À Limoges, les pierres se relèveront peut-être. La confiance, elle, se reconstruit plus lentement. Et quand un maire doit apprendre la compassion d’un vice-président américain avant celle de son propre président, le signal envoyé aux Français est difficile à ignorer.