« Les élections ont été volées » : Netanyahou et le Likoud lancent de graves accusations contre les partis arabes
Au lendemain des législatives israéliennes, le Likoud accuse les partis arabes d'avoir « volé » le scrutin grâce à des fraudes massives. Le parti affirme détenir des centaines de preuves et réclame une enquête immédiate. Ces accusations, qui ne sont pas établies à ce stade, interviennent dans un contexte électoral particulièrement incertain.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Israël : le Likoud de Netanyahou accuse les partis arabes d'avoir « volé » les législatives et réclame une enquête pour fraudes électorales.
La bataille pour le pouvoir en Israël prend une tournure explosive. Alors que le dépouillement des élections législatives du 27 octobre se poursuit, le Likoud de Benyamin Netanyahou affirme que le scrutin a été « volé » par les formations politiques arabes.
Dans un communiqué relayé mercredi par le Premier ministre israélien, le parti au pouvoir accuse ces formations, qu'il présente comme favorables au terrorisme et à la destruction de l'État juif, d'avoir commis de graves infractions électorales.
« Les élections dans l'État d'Israël ont été volées par des partis arabes au moyen de graves infractions pénales : corruption, menaces, violences, falsifications et utilisation de logiciels interdits destinés à mobiliser les électeurs », affirme le Likoud. Des accusations d'une exceptionnelle gravité, formulées alors que l'issue politique du scrutin demeure incertaine.
הליכוד:
— Benjamin Netanyahu - בנימין נתניהו (@netanyahu) October 28, 2026
הבחירות במדינת ישראל נגנבו על ידי מפלגות ערביות שתומכות בטרור ובחיסול המדינה היהודית באמצעות עבירות פליליות חמורות של שוחד, איומים, אלימות, זיופים ושימוש בתוכנות אסורות להמרצת מצביעים.
מפלגת הליכוד מעבירה למשטרה, לשב״כ ולוועדת הבחירות מאות עדויות וראיות על גניבת בחירות…
Des enveloppes d'argent liquide et des votes frauduleux ?
Le Likoud assure avoir rassemblé « des centaines de témoignages et de preuves » qu'il entend transmettre à la police, au Shin Bet, le service israélien de sécurité intérieure, ainsi qu'à la Commission électorale centrale.
Le parti évoque notamment la découverte de milliers d'enveloppes contenant de l'argent liquide et des bulletins du Ra'am, la formation arabe dirigée par Mansour Abbas.
Il dénonce également des intimidations et des violences contre des membres de bureaux de vote, des électeurs votant sous plusieurs identités, des écarts entre le nombre de votants et celui des enveloppes déposées, ainsi que l'utilisation de logiciels interdits pour encourager la participation électorale.
« Il s'agit d'une atteinte grave à la démocratie israélienne et au droit de vote des citoyens israéliens », affirme le Likoud, qui exige une enquête immédiate et des poursuites contre les responsables présumés. Ces accusations ont été reprises mercredi par plusieurs médias israéliens, notamment Kan, Haaretz et Israel Hayom.
Trois arrestations, mais aucune fraude généralisée démontrée
Les accusations du parti de Netanyahou ne surgissent pas entièrement de nulle part. Mardi, jour du scrutin, la police israélienne a annoncé l'arrestation de trois hommes issus de communautés bédouines du Néguev, soupçonnés d'avoir tenté d'acheter des voix en faveur du Ra'am. Des enveloppes contenant plusieurs dizaines de milliers de shekels auraient été découvertes lors des perquisitions.
Le Premier ministre avait déjà évoqué ces arrestations pour dénoncer une tentative de manipulation électorale. Mais il existe une différence considérable entre des soupçons d'achat de votes dans une affaire localisée et l'affirmation selon laquelle l'ensemble d'une élection aurait été volé.
À ce stade, aucune fraude organisée à l'échelle nationale n'a été démontrée. La Commission électorale n'a pas confirmé l'existence d'une manipulation systématique du scrutin. Le Ra'am a, de son côté, dénoncé des arrestations arbitraires destinées, selon lui, à décourager la participation des électeurs arabes.
Les partis arabes, arbitres du prochain gouvernement ?
La portée politique de cette offensive est d'autant plus importante que les élections pourraient placer les formations arabes au centre des négociations gouvernementales.
Selon les résultats partiels rapportés mercredi par Zman Israel, le bloc soutenant Netanyahou disposerait de 53 sièges à la Knesset, contre 48 pour celui de son principal adversaire, Gadi Eisenkot. Les deux formations arabes totaliseraient quant à elles 19 sièges. Or, la majorité absolue exige 61 sièges sur les 120 que compte le Parlement israélien.
Aucun des deux grands blocs ne semble donc en mesure de gouverner seul. Dans ces conditions, les élus arabes pourraient exercer une influence déterminante sur la constitution d'une future majorité. Ces chiffres restent provisoires et peuvent encore évoluer à mesure que le dépouillement progresse.
Une bataille électorale qui pourrait devenir institutionnelle
Le principal adversaire de Netanyahou, Gadi Eisenkot, avait déjà accusé mardi le Premier ministre de préparer une contestation des résultats en cas de défaite. Le Likoud soutient au contraire qu'il cherche à défendre l'intégrité du scrutin et réclame que les autorités compétentes examinent les éléments qu'il affirme posséder.
La question est désormais de savoir si ces accusations déboucheront sur la mise au jour de fraudes suffisamment importantes pour affecter les résultats, ou si elles resteront une offensive politique sans conséquences judiciaires majeures.
Une chose est certaine : avant même la proclamation définitive des résultats, la bataille pour la prochaine majorité israélienne se double désormais d'une bataille sur la légitimité du scrutin lui-même.