« Le modèle anglo-saxon est en échec » : sur LCI, Bouchez relance le procès du multiculturalisme
Invité de l’émission 22h Rochebin sur LCI, Georges-Louis Bouchez a livré une défense assumée de l’universalisme et de l’assimilation, tout en dénonçant l’échec du modèle multiculturaliste anglo-saxon.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Invité sur LCI, Georges-Louis Bouchez a dénoncé « l’échec du modèle anglo-saxon » et relancé le débat sur le multiculturalisme, l’assimilation et l’universalisme.
Pendant plusieurs décennies, la promotion de la diversité culturelle et la reconnaissance croissante des identités particulières ont souvent été présentées comme l’horizon naturel des démocraties occidentales. Les notions d’assimilation ou d’universalisme républicain ont, à l’inverse, fréquemment été décrites comme dépassées, voire suspectes. Invité jeudi soir sur le plateau de 22h Rochebin sur LCI, Georges-Louis Bouchez a choisi de remettre frontalement en cause ce consensus.
Le président du MR a ainsi défendu une vision de la société fondée sur des règles communes plutôt que sur la coexistence de groupes revendiquant chacun une reconnaissance spécifique. Selon lui, les résultats observés dans plusieurs pays occidentaux invitent à reconsidérer certaines certitudes.
Il y a un modèle qui est sans cesse en échec, c’est le modèle anglo-saxon. Les tensions raciales aux États-Unis ne se calment jamais. Parfois elles sont un peu plus abaissées, mais elles existent toujours.
Georges-Louis Bouchez
Assimilation ou politique des identités ?
Pour Georges-Louis Bouchez, l’erreur consiste à organiser la société autour des différences plutôt qu’autour de ce qui rassemble. Il estime que la multiplication des revendications fondées sur l’origine, la religion ou la couleur de peau contribue à renforcer les fractures plutôt qu’à les résorber.
Je n’ai quand même pas l’impression qu’il y a encore vingt ou trente ans, dans nos pays, où il y avait une certaine assimilation au-delà de l’intégration, on arrivait moins bien à faire société qu’aujourd’hui.
Georges-Louis Bouchez
Le président du MR s’est également opposé à une lecture identitaire des rapports sociaux qui tendrait à attribuer des statuts particuliers à certains groupes en fonction de caractéristiques visibles.
Comment voulez-vous vivre ensemble si chacun a un statut particulier ? Il faut que les citoyens acceptent d’abandonner une petite partie de leur individualité pour pouvoir faire société.
Georges-Louis Bouchez
Cette réflexion s’inscrit dans un débat qui dépasse largement les frontières belges. Depuis plusieurs années, de nombreux pays occidentaux sont confrontés à une montée des tensions autour des questions identitaires, du communautarisme, de la discrimination ou encore des politiques de diversité.
Un débat que beaucoup croyaient réglé
L’intérêt de cette intervention tient aussi au contexte intellectuel dans lequel elle s’inscrit. Longtemps, la critique du multiculturalisme est restée relativement marginale dans une partie des milieux académiques et médiatiques européens. Or, depuis quelques années, ce débat réapparaît avec force, y compris dans des pays qui avaient largement adopté cette approche.
Le Royaume-Uni, le Canada ou encore les États-Unis connaissent aujourd’hui des discussions récurrentes sur les effets parfois paradoxaux de politiques visant à reconnaître toujours davantage les identités particulières. Les critiques estiment que cette logique peut conduire à renforcer les appartenances communautaires au détriment d’une identité civique commune.
C’est précisément cette idée que Bouchez a développée sur le plateau de LCI.
Quand vous portez comme un étendard votre différence, votre différence mène à quoi ? À avoir un statut particulier.
Georges-Louis Bouchez
Le multiculturalisme à l'épreuve des faits
À ses yeux, cette dynamique finit par alimenter les phénomènes qu’elle prétend combattre, en encourageant chacun à se définir d’abord par son appartenance plutôt que par sa citoyenneté.
Derrière cette controverse se profile en réalité une interrogation beaucoup plus vaste que le seul débat belge. Depuis plusieurs années, les sociétés occidentales cherchent un équilibre entre la reconnaissance des différences individuelles et la préservation d'un cadre commun.
Longtemps marginalisées dans une partie du débat public, les critiques du multiculturalisme réapparaissent désormais dans de nombreux pays, à mesure que les questions d'intégration, de cohésion sociale et d'identité nationale reviennent au premier plan.
En contestant l'idée selon laquelle la reconnaissance croissante des différences produirait mécaniquement davantage d'harmonie sociale, Georges-Louis Bouchez s'inscrit dans une interrogation plus large qui traverse aujourd'hui une partie de l'Occident. Un débat que beaucoup pensaient clos, mais qui semble désormais revenir au centre de la discussion publique.