Le Port de Bruxelles accueillera un nouveau pôle de construction circulaire
Attendu en 2028, Stadsatelierdeville réunira entreprises, chercheurs et artisans au Port de Bruxelles. Ce pôle développera le réemploi des matériaux dans un bâtiment lui-même conçu à partir de ressources récupérées.
Publié par A JS
Résumé de l'article
Stadsatelierdeville doit rapprocher production, recherche et formation autour du réemploi des matériaux au Port de Bruxelles. Soutenu par le FEDER, ce projet expérimente aussi une procédure de permis adaptée à une construction dont certains composants sont choisis selon les ressources récupérées.
Un nouveau pôle consacré à la construction circulaire prend forme au Port de Bruxelles. Présenté ce mercredi 14 octobre dans le cadre de la Brussels Climate Week, Stadsatelierdeville réunira des professionnels du bâtiment, des chercheurs et des étudiants. Son ouverture est annoncée pour 2028.
Le projet sera implanté le long de l’avenue du Port, sur un ancien site de stockage de charbon, à proximité de Tour & Taxis. Il prévoit environ 9.300 mètres carrés d’espaces destinés à la production, à l’expérimentation et au partage des connaissances. Des matériaux de construction y seront récupérés, transformés et testés pour être utilisés dans de nouveaux projets.
Organiser une filière locale de réemploi
Développé à l’initiative de Democo et de BC architects & studies & materials, le pôle représente un investissement annoncé de 9,75 millions d’euros. Il bénéficie d’un cofinancement européen et régional dans le cadre du Fonds européen de développement régional, le FEDER.
Architectes, entrepreneurs, artisans et acteurs de la formation pourront travailler sur un même site. Parmi les partenaires figurent également Sonian Wood Coop, Circular Timber et Natura Mater. L’objectif est de rapprocher les activités de conception, de transformation et de distribution des matériaux.
Le projet doit notamment répondre à un besoin de stockage et de valorisation des ressources récupérées sur les chantiers. La construction circulaire consiste à prolonger l’utilisation des matériaux, en privilégiant leur réemploi ou leur transformation plutôt que leur élimination.
Selon les objectifs publiés par le programme FEDER bruxellois, Stadsatelierdeville vise, d’ici 2029, à préparer au moins 1.380 tonnes de déchets par an au réemploi. Il prévoit également d’en recycler 1.280 tonnes par an. Ses promoteurs ambitionnent de faire de Bruxelles une référence dans ce domaine.
Un bâtiment qui expérimente ses propres méthode
Le chantier applique lui-même les principes que le futur pôle entend développer. Le bâtiment sera construit avec des matériaux disponibles localement et récupérés sur d’autres sites bruxellois.
Le projet prévoit notamment l’utilisation de dalles de béton provenant du bâtiment The Dome, sur le boulevard Anspach, pour les fondations. Des éléments du bâtiment Pacheco et des composants de fenêtres récupérés dans des bâtiments de l’Union européenne doivent également être intégrés.
Cette méthode a conduit l’administration régionale Urban à adapter l’instruction du permis. Habituellement, les matériaux et l’apparence d’un bâtiment sont définis avec précision avant son autorisation. Ici, certains choix dépendent des ressources disponibles dans les filières de réemploi au moment des travaux.
Le permis prévoit donc la possibilité d’adaptations ultérieures, dans le respect du cadre autorisé. Des matériaux biosourcés, comme le bois et la paille, compléteront les éléments récupérés.
Le bâtiment intégrera aussi des toitures végétalisées et un système de récupération des eaux de pluie.