Narcotrafic : David Weytsman veut « balayer devant la porte » de Bruxelles
David Weytsman demande un audit indépendant sur la sécurité du Port de Bruxelles. Le port se dit ouvert à cette évaluation, également soutenue par le procureur Julien Moinil.
Publié par A JS
Résumé de l'article
Le MR demandera un audit indépendant du Port de Bruxelles face aux risques liés au narcotrafic. Aucun trafic de drogue n’y a été constaté. Le port accepte cependant le principe d’une évaluation. Le procureur Julien Moinil soutient cette approche préventive.
Le MR bruxellois veut évaluer les vulnérabilités du Port de Bruxelles face au narcotrafic. Ses futurs administrateurs déposeront cette demande lors du prochain conseil d’administration. Le président régional du parti, David Weytsman, réclame un audit indépendant et complet.
Cette demande ne repose toutefois sur aucune saisie de drogue dans le domaine portuaire bruxellois. À ce jour, les autorités n’y ont découvert aucun trafic de stupéfiants. Les conteneurs reçus au terminal bruxellois transitent aussi auparavant par Anvers.
David Weytsman ne présente donc pas le port comme une porte d’entrée avérée. Il veut vérifier les dispositifs existants et repérer d’éventuelles failles. Le président du MR Bruxelles & Périphérie estime que la capitale doit examiner ses propres infrastructures logistiques.
La sécurité du Port de Bruxelles en question
Le Port de Bruxelles représente une infrastructure économique importante pour la capitale. En 2025, il a transporté 5,41 millions de tonnes de marchandises par voie d’eau. Son domaine couvre 116 hectares le long de 14 kilomètres de canal.
Le site regroupe des quais, des entrepôts, des terrains et de nombreuses concessions. Il accueille quelque 200 concessionnaires, tandis que le pôle portuaire compte environ 350 entreprises. Ces activités génèrent de nombreux mouvements de marchandises, de véhicules et de travailleurs.
Le port mène déjà des contrôles ciblés avec les services douaniers. Il participe aussi à la « Port 2 Port Security Platform ». Cette coopération porte notamment sur les accès, la surveillance, les caméras et les drones.
Le Port de Bruxelles a accueilli favorablement le principe d’un audit. Cette réaction éloigne le dossier d’une confrontation politique directe. Elle ouvre surtout la voie à une évaluation technique des mesures actuelles.
Des contrôles sur les marchandises et le personnel
David Weytsman souhaite examiner les accès, les quais et les entrepôts. Il cite aussi les terrains, les concessions et les flux logistiques. L’audit devrait évaluer les contrôles des péniches, conteneurs, véhicules et marchandises sensibles.
Le président du MR Bruxelles et Périphérie propose également d’étudier de nouveaux équipements. Il évoque des scanners mobiles, des équipes cynophiles et des caméras intelligentes. Des technologies de détection pourraient compléter ces moyens.
L’évaluation concernerait aussi les personnes qui travaillent sur le site. Le MR veut contrôler les procédures appliquées au personnel, aux fournisseurs et aux sous-traitants. L’objectif consiste à réduire les risques de corruption ou d’infiltration criminelle.
En 2021, la Police judiciaire fédérale estimait la production bruxelloise de cocaïne à une tonne par semaine. Des réseaux assuraient son extraction et son reconditionnement dans Bruxelles et sa périphérie. Cette estimation ne prouve aucun passage par le port bruxellois. Elle confirme néanmoins les capacités logistiques des organisations actives dans la capitale.
Julien Moinil soutient le principe de l’audit
Le procureur du Roi de Bruxelles, Julien Moinil, soutient l’examen des vulnérabilités portuaires. Il met en garde contre un possible déplacement des routes criminelles. La surveillance accrue des grands ports maritimes pourrait pousser les trafiquants vers des infrastructures plus petites.
Les données disponibles sur la criminalité dans les ports intérieurs restent limitées. La commissaire nationale aux drogues, Ine Van Wymersch, avait déjà relevé cette faiblesse. L’audit pourrait donc fournir des informations actuellement manquantes.
David Weytsman critique la tendance à attribuer l’essentiel du problème bruxellois au seul port d’Anvers. « Bruxelles doit également examiner sérieusement ses propres infrastructures et balayer devant sa porte », affirme-t-il.
L’audit devra établir si cette inquiétude repose sur des risques concrets. Il devra aussi mesurer l’efficacité des contrôles déjà appliqués.
À ce stade, la demande relève donc d’une politique de prévention, sans démonstration d’un trafic au Port de Bruxelles.