« Les journalistes ont abdiqué » : Reza Pahlavi fustige le silence européen sur la répression en Iran
Dans une déclaration offensive, Reza Pahlavi dénonce l’inaction et le désintérêt des médias européens face aux violences en Iran, accusant journalistes et responsables politiques d’ignorer la répression en cours.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Reza Pahlavi dénonce le silence des médias européens face aux massacres et exécutions en Iran et promet de poursuivre le combat « jusqu’à la liberté ».
Dans une prise de parole directe, presque une diatribe contre les journalistes européens, Reza Pahlavi a interpellé l’opinion publique après plusieurs semaines passées à parcourir le continent. Objectif affiché : « donner une voix aux millions d’Iraniens pris en otage par la République islamique », mais aussi dénoncer ce qu’il considère comme un silence coupable en Europe.
« Ce silence, cette censure, ne viennent pas seulement du régime iranien, mais aussi des médias internationaux, et en particulier européens, affirme-t-il d’emblée, avant de s’adresser directement aux peuples d’Europe ».
« Pas une seule question sur les 40.000 massacrés »
Le ton se durcit lorsqu’il revient sur ses récentes conférences de presse à Stockholm et Berlin. « Plus de 150 journalistes étaient présents. Nous avons passé plus de deux heures ensemble », souligne-t-il, avant de dérouler une litanie accusatrice :
« Pas un seul de ces 150 journalistes ne m’a posé une question sur les 40.000 Iraniens massacrés dans les rues de mon pays les 8 et 9 janvier. »
Même constat sur les exécutions récentes : « Pas une seule question sur les 19 prisonniers politiques exécutés ces deux dernières semaines. »
Et encore : « Quand j’ai évoqué les 20 prisonniers politiques actuellement condamnés à mort, pas une seule question. »
La scène qu’il décrit ensuite vise à frapper les esprits : « Quand je me tenais aux côtés d’une mère et d’un père ayant perdu leur fils, et que j’ai demandé aux journalistes d’écouter leur histoire, pas un seul n’a posé de question. »
Une « abdication morale »
Pour l’opposant iranien, ce silence dépasse la seule négligence professionnelle. « Ici, au cœur d’un continent qui prétend défendre les droits humains, la justice et la dignité, les journalistes ont pleinement abdiqué leurs responsabilités professionnelles, et même leur objectivité morale. »
Il accuse les médias de hiérarchiser l’information de manière biaisée : « Ils semblent plus intéressés par critiquer l’Amérique ou demander pourquoi les États-Unis et Israël ont tué le dictateur qui massacre notre peuple depuis 47 ans, que par critiquer ce régime. »
Et ajoute : « Ils posent davantage de questions sur le passé de l’Iran que sur ce qui s’y passe aujourd’hui ou sur l’avenir démocratique que les Iraniens recherchent. »
« 40.000 personnes ont donné leur vie »
Reza Pahlavi s’en prend également à certains responsables politiques européens. « Un parlementaire m’a même dit qu’il ne pensait pas que les Iraniens étaient prêts pour la démocratie. »
Réplique immédiate : « Les Iraniens ne sont pas seulement prêts pour la démocratie : 40.000 personnes viennent de donner leur vie pour elle. »
Malgré ce qu’il décrit comme une indifférence européenne, le ton se conclut sur une détermination intacte : « Que l’Europe soit à nos côtés ou non, que vos journalistes fassent leur travail ou non, que vos responsables politiques aient le courage d’agir ou non, je me battrai pour mon peuple et mon pays. »
Et il conclut dans une formule martiale : « Même si nous devons le faire seuls, nous nous battrons jusqu’à ce que l’Iran soit libre. »