« Nous avons changé l’Europe » : Giorgia Meloni célèbre la victoire de sa ligne migratoire
La Première ministre italienne Giorgia Meloni a salué l’adoption par le Parlement européen du nouveau règlement sur les retours de migrants en situation irrégulière. Rome estime avoir imposé à Bruxelles une approche longtemps combattue par la gauche européenne, notamment à travers le modèle des centres de retour installés dans des pays tiers.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Giorgia Meloni célèbre l'adoption du nouveau règlement européen sur les retours de migrants et revendique une victoire politique majeure pour l'Italie et sa ligne migratoire.
Pour Giorgia Meloni, c'est bien plus qu'un vote technique. C'est la confirmation d'un basculement politique européen.
La Première ministre italienne a revendiqué mercredi une « grande victoire » après l'adoption par le Parlement européen du nouveau règlement sur les retours de migrants en situation irrégulière. Selon elle, ce texte consacre une évolution profonde de la politique migratoire de l'Union européenne et valide des solutions longtemps défendues par Rome contre l'avis d'une partie de la gauche européenne.
« Nous avions promis aux Italiens que nous changerions l'Europe et nous l'avons fait », a déclaré la dirigeante italienne dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux.
Oggi l’Italia ha ottenuto un grande successo: il Parlamento europeo ha approvato il nuovo Regolamento europeo sui rimpatri. Un provvedimento storico che consente di rimpatriare velocemente chi non ha titolo a stare nell’Unione europea. pic.twitter.com/DZoxkoATtK
— Giorgia Meloni (@GiorgiaMeloni) June 17, 2026
Le modèle albanais consacré
Au cœur de cette satisfaction figure un point particulièrement symbolique : la possibilité pour les États membres de mettre en place des centres de retour dans des pays tiers.
Cette disposition rappelle directement l'accord conclu entre l'Italie et l'Albanie, présenté depuis des mois par Giorgia Meloni comme une réponse innovante à la pression migratoire.
« Le règlement prévoit également la possibilité d'ouvrir des centres de retour dans des pays tiers, s'est félicitée la chef du gouvernement italien. L'Europe suit ainsi la voie ouverte par l'Italie avec le protocole conclu avec l'Albanie. »
Longtemps dénoncée par ses adversaires politiques comme juridiquement fragile ou moralement contestable, cette approche gagne désormais en légitimité à l'échelle européenne.
Une Europe plus ferme sur les expulsions
Le nouveau texte vise à accélérer l'éloignement des étrangers ne disposant pas d'un droit au séjour dans l'Union européenne.
Défendre les frontières, réduire drastiquement les débarquements, combattre les trafiquants d'êtres humains et renvoyer immédiatement ceux qui n'ont pas le droit de rester chez nous.
Giorgia Meloni
Pour Rome, il s'agit d'un changement de paradigme. Depuis des années, plusieurs gouvernements européens dénoncent la faiblesse des taux de retour effectifs, une grande partie des personnes faisant l'objet d'une décision d'expulsion restant finalement sur le territoire européen.
Giorgia Meloni a résumé les objectifs poursuivis : « Défendre les frontières, réduire drastiquement les débarquements, combattre les trafiquants d'êtres humains et renvoyer immédiatement ceux qui n'ont pas le droit de rester chez nous. »
Le symptôme d'une évolution plus large
Au-delà du texte lui-même, cette séquence illustre une transformation plus profonde du débat européen sur l'immigration.
Il y a encore quelques années, des propositions telles que les centres de traitement hors du territoire européen ou le durcissement des procédures de retour étaient largement marginales dans les institutions bruxelloises. Elles sont aujourd'hui discutées, voire reprises, par une partie croissante des gouvernements européens.
De l'Italie aux Pays-Bas, du Danemark à plusieurs États d'Europe centrale, la pression exercée par les opinions publiques sur les questions migratoires pousse progressivement les institutions européennes vers une ligne plus restrictive.
Une victoire politique pour Meloni
Pour la dirigeante italienne, l'enjeu est également intérieur. Arrivée au pouvoir en promettant de reprendre le contrôle des frontières et de réduire l'immigration clandestine, Giorgia Meloni cherche depuis plusieurs années à démontrer que son gouvernement est capable non seulement d'agir en Italie mais aussi d'influencer les orientations de l'Union européenne.
Le message adressé à ses électeurs est clair : ce qui était présenté comme une exception italienne tend désormais à devenir une référence européenne.
Une évolution qui confirme, selon Rome, que le centre de gravité du débat migratoire européen s'est considérablement déplacé depuis quelques années.