« Nous ne renforçons plus nos armées pour Trump » : Theo Francken voit un changement d'époque
Au lendemain du sommet de l'Otan à Ankara, Theo Francken estime que l'Europe est entrée dans une nouvelle phase. Selon le ministre belge de la Défense, les Européens renforcent désormais leurs armées non plus pour répondre aux exigences de Donald Trump, mais parce qu'ils entendent assumer eux-mêmes la défense du continent.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Au lendemain du sommet de l'OTAN à Ankara, Theo Francken estime que l'Europe renforce désormais sa défense non plus sous la pression de Donald Trump, mais par « respect d'elle-même ».
Le sommet de l'Otan d'Ankara marque, selon Theo Francken, un tournant dans l'évolution de la défense européenne. Le ministre belge de la Défense estime que les Européens ne renforcent plus leurs capacités militaires pour satisfaire les exigences de Donald Trump, mais parce qu'ils ont retrouvé un « respect d'eux-mêmes » et souhaitent désormais assumer davantage leur propre sécurité.
Dans un message publié au terme de deux journées de sommet qu'il qualifie de « particulièrement intenses », Theo Francken livre trois enseignements qu'il juge majeurs.
De NAVO-top in Ankara zit erop. Mijn drie belangrijkste bevindingen na twee bijzonder intensieve dagen. 👇
— Theo Francken (@FranckenTheo) July 8, 2026
Europees zelfrespect
Heerste er op de vorige NAVO-top nog angst voor de toorn van Trump, dan was daar dit jaar veel minder te merken. De Europese strijdkrachten zijn zich…
« Un respect de soi retrouvé »
Pour le ministre de la Défense, l'atmosphère a profondément changé par rapport au précédent sommet de l'Alliance.
« Lors du précédent sommet de l'Otan, on ressentait encore une certaine crainte de la colère de Donald Trump. Cette année, c'était beaucoup moins perceptible », écrit-il.
Lors du précédent sommet de l'Otan, on ressentait encore une certaine crainte de la colère de Donald Trump. Cette année, c'était beaucoup moins perceptible.
Theo Francken
Selon lui, les armées européennes se renforcent désormais « rapidement et avec détermination », ce qui permettra progressivement aux Européens de reprendre une partie des missions et des structures de commandement aujourd'hui assurées par les États-Unis.
« Nous ne faisons plus cela pour plaire à Trump, mais à partir d'un respect de soi européen retrouvé, affirme Theo Francken. Ce continent est notre maison. Nous devons être capables de le défendre nous-mêmes. »
Les 2 % ne suffiront plus
Theo Francken estime également que l'objectif de consacrer 2 % du PIB à la défense deviendra rapidement insuffisant.
À ses yeux, le retrait progressif des États-Unis de certaines missions militaires en Europe obligera les armées européennes à développer davantage de capacités.
Il souligne que la plupart des partenaires européens consacrent déjà une part plus importante de leur richesse nationale à la défense, alors que la Belgique reste parmi les derniers élèves de l'Alliance.
Selon lui, la pression ne viendra bientôt plus principalement de Washington. « Elle viendra de Berlin, Paris, La Haye, Londres, Varsovie, Stockholm et de toutes les capitales qui investissent déjà beaucoup plus que nous », prévient-il.
Une industrie de défense plus européenne
Le ministre voit enfin un changement structurel dans l'industrie de défense. Les systèmes les plus sophistiqués, qu'il s'agisse de la défense antiaérienne ou des missiles de croisière, sont de plus en plus fabriqués sur le continent européen.
Pour Theo Francken, cette évolution permettra aux investissements militaires de produire davantage de retombées économiques en Europe.
Il cite notamment les bons résultats récents de l'industrie allemande, qu'il attribue en partie à cette montée en puissance du secteur de la défense. Selon lui, les entreprises belges pourraient elles aussi bénéficier de cette dynamique dans les prochaines années.
En conclusion de son message, Theo Francken remercie les autorités turques pour l'organisation du sommet, saluant une logistique « impressionnante » et adressant un « Teşekkürler, Türkiye ! » (« Merci, Turquie ! ») à ses hôtes.
À travers cette analyse, le ministre belge de la Défense esquisse une vision plus large de l'évolution de l'Alliance : une Otan où les États-Unis demeurent indispensables, mais où les Européens entendent désormais assumer une part croissante de leur propre sécurité, autant par nécessité stratégique que par volonté politique.