Pour Retailleau « Gabriel Attal incarne la saison 3 du macronisme »
Invité sur CNews, Bruno Retailleau a décoché une attaque frontale contre Gabriel Attal, qu'il accuse d'incarner la continuité d'un macronisme largement rejeté par les Français. Le président des Républicains revendique au contraire une ligne de rupture sur l'immigration, les dépenses publiques et l'autorité de l'État.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Bruno Retailleau attaque Gabriel Attal sur CNews et refuse toute « continuité du macronisme ». Il défend une ligne de rupture sur l’immigration, les impôts et les dépenses publiques.
À un an de l'élection présidentielle, Bruno Retailleau continue de préciser son positionnement. Et le président des Républicains ne cache plus sa cible.
Interrogé sur le récent meeting de Gabriel Attal, l'ancien ministre de l'Intérieur a livré une critique particulièrement verte de l'ancien Premier ministre.
« La saison 3 du macronisme »
« J'étais rassuré quand j'ai vu le meeting de Gabriel Attal », a-t-il lancé sur CNews. Avant d'ajouter, avec une ironie à peine voilée : « J'ai pensé qu'il allait conclure en disant : "Pensez printemps". C'était exactement la saison 3 du macronisme. »
«J'ai été rassuré quand j'ai vu le meeting de Gabriel Attal. C'était la saison 3 du macronisme», tacle Bruno Retailleau, candidat à la présidentielle 2027, dans #LaFranceenface
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Derrière la formule, c'est toute une stratégie politique qui se dessine. Retailleau cherche à installer l'idée que Gabriel Attal demeure l'héritier naturel d'Emmanuel Macron et qu'il ne propose aucune véritable rupture avec le bilan des deux quinquennats. L'ancien locataire de Beauvau estime d'ailleurs que ce bilan sera au cœur du débat présidentiel de 2027.
Tourner la page du double mandat Macron
« À peu près huit Français sur dix considèrent que le projet d'Emmanuel Macron et son double mandat sont un échec », affirme-t-il.
Pour le patron des Républicains, cette perception pèsera lourd au moment du choix présidentiel. D'où sa volonté de se distinguer clairement des figures qui pourraient être tentées de prolonger l'expérience macroniste sous une autre forme.
Je ne propose pas la continuité du macronisme sous d'autres traits.
Bruno Retailleau
Cette phrase vise évidemment Gabriel Attal, mais pourrait tout aussi bien s'adresser à l'ensemble des prétendants issus de la majorité présidentielle ou de son orbite politique. Retailleau entend apparaître comme l'homme de la rupture plutôt que de la succession.
Pourquoi il a quitté le gouvernement
L'ancien ministre est également revenu sur son passage place Beauvau et sur les raisons qui l'ont conduit à quitter le gouvernement.
« Je suis rentré au gouvernement pour empêcher la gauche mélenchonisée de prendre le pouvoir », explique-t-il. Mais il affirme avoir choisi de partir lorsqu'il a estimé que l'exécutif s'éloignait de ses convictions.
« Je suis sorti du gouvernement quand j'ai vu que M. Lecornu était en train de traiter avec Olivier Faure sur les retraites et que ce serait une politique de gauche. » Retailleau dit ne nourrir aucun regret malgré son attachement à la fonction de ministre de l'Intérieur. « Il faut aligner ses convictions et ses actes », résume-t-il.
Immigration, dépenses publiques et fiscalité
Au-delà des personnes, Bruno Retailleau entend surtout mettre en avant les divergences de fond qui le séparent de l'actuelle majorité.
Il dénonce notamment ce qu'il considère comme une absence de maîtrise des dépenses publiques, évoquant « la pluie d'impôts » et l'insuffisance des économies budgétaires engagées.
Sur l'immigration, il accuse également le gouvernement de manquer de volonté politique.
Le président des Républicains affirme notamment que l'exécutif chercherait aujourd'hui à remettre en cause certaines mesures qu'il avait lui-même prises lorsqu'il était ministre de l'Intérieur, notamment en matière de régularisation des travailleurs clandestins.
À travers cette intervention, Bruno Retailleau ne s'est donc pas contenté de critiquer Gabriel Attal. Il a surtout cherché à poser les bases du clivage qu'il entend défendre en vue de 2027 : d'un côté ceux qui assument l'héritage du macronisme, de l'autre ceux qui souhaitent tourner la page.
Une manière de se positionner dès maintenant comme l'un des principaux porte-voix d'une droite qui entend faire de la rupture avec les années Macron son principal argument électoral.