Pourquoi Giorgia Meloni prend ses distances avec Donald Trump (Analyse)
Les propos de Trump envers le pape Léon XIV ne sont pas passés, du côté de Rome. Giorgia Meloni prend ses distances, depuis plusieurs semaines, avec le président américain. Les élections hongroises ont aussi fait souffler des vents contraires.
Publié par J.PE
Résumé de l'article
- Giorgia Meloni n'a pas apprécié les propos de Trump envers le pape.
- C'est l'une des raisons pour lesquelles la Présidente du conseil prend ses distances avec le président américain.
- Une normalisation qui lui fait gagner des points au sein de l'opinion publique italienne.
Longtemps perçue comme une alliée naturelle de Donald Trump, Giorgia Meloni opère depuis plusieurs semaines un virage stratégique. Sans rupture frontale, la présidente du Conseil italien ajuste sa position, poussée à la fois par des contraintes internes et par une série d’événements internationaux qui ont rendu cette proximité politiquement coûteuse.
Au cœur de ce basculement, un élément déclencheur : les attaques du président américain contre le pape. Dans un pays où le souverain pontife demeure une autorité morale majeure, Giorgia Meloni ne pouvait rester silencieuse. Fidèle à son attachement revendiqué aux racines chrétiennes de l’Europe, elle s’est retrouvée contrainte de marquer une ligne rouge. Cet épisode a cristallisé un malaise déjà latent.
Meloni défend le pape contre les attaques américaines
Car depuis plusieurs mois, la proximité affichée avec Donald Trump pesait sur la cheffe du gouvernement italien. En Europe, elle alimentait la méfiance de ses partenaires. En Italie, elle a contribué à fragiliser son image, notamment après l’échec du référendum sur la justice en mars. Dans son entourage, le constat s’est imposé : son alignement avec Trump — mais aussi avec Benyamin Netanyahou — était devenu un handicap politique.
Giorgia Meloni avait pourtant construit une partie de son aura internationale sur sa capacité supposée à servir de « pont » entre l’Europe et Washington. Un récit politique efficace, mais largement surestimé. Dans les faits, son influence auprès de Donald Trump s’est révélée limitée, et aucun dirigeant européen n’a réellement utilisé Rome comme canal privilégié vers l’ancien président américain. Avec la montée des tensions internationales, notamment autour de l’Iran, cette image de médiatrice a fini par apparaître comme une fiction encombrante.
Pour continuer la lecture, abonnez-vous ou utilisez un crédit.
Déjà abonné(e) ? Se connecter