Rik Torfs sur les feux de forêt et le climat : « Si vous n’avez pas de sentiment de culpabilité, vous êtes une mauvaise personne »
Les incendies des Hautes Fagnes ont relancé le débat climatique. Dans un entretien exclusif avec 21News, Rik Torfs critique surtout la pression morale qui l’accompagne. Selon lui, la morale profane actuelle est plus impitoyable que celle de l’Église autrefois.
Publié par Peter Backx
• Mis à jour le
Résumé de l'article
Les incendies des Hautes Fagnes ont relancé le débat climatique. Rik Torfs évoque aussi la liberté d’expression, Unia et le rôle des vérificateurs de faits.
Dans la première partie de cet entretien, Rik Torfs a notamment parlé de la suspension de Nathan Cofnas à l’Université de Gand, de la culture de l’annulation et du débat sur Gaza. Il y mettait en garde contre le conformisme idéologique et une société où les opinions divergentes deviennent toujours plus difficiles à exprimer.
Dans cette seconde partie, l’entretien se poursuit autour du climat, de la liberté d’expression, de l’autocensure, d’Unia et des vérificateurs de faits.
21News : Les feux de forêt et le climat occupent une place importante dans l’actualité. Vous avez écrit que celui qui ne s’indigne pas assez souvent ou de manière assez hystérique du climat est presque regardé comme s’il était lui-même pyromane. Le débat climatique est-il devenu un test moral ?
Rik Torfs : Le débat climatique est un sujet particulièrement intéressant pour comprendre l’esprit du temps. Certains nient le phénomène du changement climatique. À tort, selon moi. D’autres donnent implicitement l’impression que nous pouvons l’arrêter, du moins en Belgique, en vivant autrement et de façon plus vertueuse.
Cela ne me semble pas davantage correct. Le changement climatique suscite des émotions très vives. Une norme morale apparaît alors : il faut être très inquiet pour le climat. Si vous n’éprouvez pas de sentiment de culpabilité à propos du climat, vous êtes une mauvaise personne.
La morale profane actuelle est plus impitoyable que la morale religieuse d’autrefois. Mais vient ensuite la question essentielle : que faire de cette indignation ? On peut prendre des mesures, mais lesquelles ? Prenez par exemple Groen.
Le parti parle beaucoup moins de l’énergie nucléaire. D’autres thèmes sont la redistribution, des mesures coûteuses qui frappent la classe moyenne et davantage de transports publics. Ce sont des choix politiques. Mais quel est le lien de causalité entre ces mesures et le climat ?
Grâce à elles, aurons-nous des étés plus doux dans un avenir prévisible ? On pourrait aussi dire : indignons-nous un peu moins et essayons de mieux nous adapter à l’évolution du climat. La climatisation dans les hôpitaux me semble, par exemple, une mesure particulièrement utile. Elle permet de protéger directement des vies.
21News : Pourtant, Groen parvient à peine à remettre le climat au centre de l’agenda politique. Les citoyens sont-ils lassés du climat ?
Rik Torfs : Groen a certainement eu cette occasion, pendant la période précédant le coronavirus. Le climat était alors le sujet numéro un. On s’attendait à ce que Groen remporte brillamment les élections. Finalement, le parti est resté à peu près au même niveau.
Pour continuer la lecture, abonnez-vous ou utilisez un crédit.
Déjà abonné(e) ? Se connecter