Selon "Marianne", la Belgique est le laboratoire de l’islamisme européen
Dans son dossier de une, "Marianne" présente la Belgique comme un miroir grossissant des faiblesses européennes face à l’islamisme. Notre pays est présenté comme "la France dans 10 ans."
Publié par A.G.
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Résumé de l'article
-L'hebdomadaire français "Marianne" présente la Belgique comme un laboratoire européen de l’islamisme, où l’influence radicale progresse dans les quartiers, les associations, les mosquées, les universités et parfois les institutions.
-Le dossier met en avant le cas emblématique de l’imam Toujgani, expulsé puis revenu en Belgique après avoir obtenu la nationalité belge.
-L’enquête décrit un pays affaibli par son modèle communautaire, son absence de laïcité à la française et sa difficulté à nommer l’islamisme sans être accusé de racisme.
-Molenbeek, l’ULB, les conseils communaux et certains partis communautaires apparaissent comme des terrains où s’exercent pressions religieuses, entrisme politique et autocensure médiatique.
-Pour Marianne, la Belgique n’est pas forcément la France de demain, mais elle constitue un avertissement pour toute l’Europe : l’islamisme avance surtout là où les démocraties hésitent à le combattre.
Sommaire
- Une affaire symbole : le retour de l’imam Toujgani
- Molenbeek, décor d’une résignation
- Les Frères musulmans, une présence structurée mais difficile à saisir
- La neutralité belge sous pression
- L’université, nouveau terrain de bataille
- Le politique belge pris dans l’étau communautaire
- Le silence médiatique comme verrou
- Belgique-France : le miroir et les différences
- Un avertissement européen
De Molenbeek à l’Université libre de Bruxelles, en passant par les conseils communaux et les zones grises du droit, l’enquête décrit un pays où la progression islamiste se heurte moins à la répression qu’à l’embarras politique, juridique et médiatique.
Une affaire symbole : le retour de l’imam Toujgani
C’est par un cas emblématique que Marianne ouvre son dossier : celui de Mohamed Toujgani, ancien imam de la mosquée Al-Khalil de Molenbeek. Expulsé vers le Maroc après avoir été considéré par la Sûreté de l’État comme un « grave danger pour la sécurité nationale », l’imam controversé est pourtant revenu en Belgique. La raison est redoutable de simplicité : il a obtenu la nationalité belge, rendant inopérante son interdiction de territoire. La Cour de cassation a estimé en 2025 qu’aucune base légale ne s’opposait à sa naturalisation.
L’affaire choque d’autant plus que Toujgani s’était fait connaître par un prêche antisémite datant de 2009, dans lequel il appelait à « brûler les sionistes ». Pour Marianne, ce dossier résume à lui seul une forme d’impuissance belge : un État capable d’identifier certains profils, parfois de les expulser, mais aussi contraint, au nom du droit, de les laisser revenir. Un officier des services belges cité anonymement par l’hebdomadaire résume brutalement le problème : « Nous avons été laxistes à cause des décisions politiques. »
Molenbeek, décor d’une résignation
Le reportage de Marianne s’attarde ensuite à Molenbeek, commune bruxelloise devenue depuis les attentats de Paris et de Bruxelles un symbole européen de la radicalisation. Le magazine décrit une commune d’environ 100.000 habitants, marquée par un chômage supérieur à 23 %, où un jeune sur trois serait sans emploi. Dans certaines rues, les commerces halal, les enseignes en arabe ou en turc et la présence de niqabs composent un paysage qui, selon le journal, donne le sentiment d’une normalisation du séparatisme culturel.
Mais le problème ne se limite pas à la pauvreté ou à l’échec de l’intégration. C’est bien le passage du religieux au politique qui inquiète. L’islamisme ne se manifeste pas seulement par des appels explicites à la violence. Il agit aussi par pression sociale, par contrôle des comportements, par intimidation douce, par capacité à imposer des normes dans les quartiers, les écoles, les associations et, parfois, les institutions.
Les Frères musulmans, une présence structurée mais difficile à saisir
Dans le dossier, Nadia Geerts rappelle que la menace terroriste reste évaluée comme « grave » en Belgique par l’Ocam, l’Organe de coordination pour l’analyse de la menace. Selon les données citées, 555 individus font l’objet d’un suivi prioritaire dans la banque de données commune liée au terrorisme, à l’extrémisme et à la radicalisation. Parmi eux, 86 % relèveraient de l’extrémisme islamiste, contre 8 % de l’extrémisme de droite et 3 % de l’extrémisme de gauche.
Le dossier insiste aussi sur la présence des Frères musulmans en Belgique. Leur influence passerait notamment par le Conseil des musulmans d’Europe, qui partage son siège entre la Belgique et La Courneuve depuis 2007, par la Ligue des musulmans de Belgique, mais aussi par des structures ou mouvances proches comme le CIIB ou le Femyso. Marianne souligne que ces éléments figurent dans le rapport d’enquête du Comité R sur les Frères musulmans.
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