Pierre-André Taguieff démonte « le mythe de l’islamophobie universelle » face à la réalité
Dans la revue Commentaires, Pierre-André Taguieff analyse une réislamisation en cours en France et le « mythe de l’islamophobie universelle ». S’appuyant sur une enquête IFOP choc de novembre 2025, il montre comment ce mythe victimisant empêche tout débat lucide sur une religiosité croissante et un séparatisme préoccupant chez les jeunes musulmans.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Pierre-André Taguieff dans Commentaires : réislamisation générationnelle en France et mythe de l’islamophobie universelle comme verrou du débat. Une analyse exigeante sur les chiffres IFOP et les mécanismes de disqualification.
L’étude IFOP dirigée par François Kraus et publiée le 18 novembre 2025 dresse un tableau particulièrement net. La proportion de musulmans dans la population adulte française est passée de 0,5 % en 1985 à 7 % en 2025. L’islam est désormais la deuxième religion de France, loin derrière un catholicisme en net recul.
Surtout, 80 % des musulmans se déclarent religieux, contre 48 % en moyenne pour les adeptes des autres religions. Chez les 15-24 ans, 30 % se disent « extrêmement ou très religieux », soit deux fois plus que chez les 50 ans et plus. La prière quotidienne est passée de 31 % en 1994 à 62 % en 2025 chez l’ensemble des musulmans. Les jeunes sont également plus pratiquants que leurs aînés.
L’enquête met également en évidence une adhésion préoccupante à certaines thèses islamistes. 33 % des Français musulmans interrogés expriment une sympathie pour au moins une mouvance islamiste. Chez les 15-24 ans, 57 % choisiraient le respect des règles de leur religion plutôt que celui des lois de la République. Un tiers des jeunes de 15 à 24 ans se sentent proches des Frères musulmans.
Ces données confirment un phénomène déjà documenté par Olivier Galland, Anne Muxel et d’autres : une réislamisation réelle, spectaculaire et générationnelle de la population musulmane en France.
La réislamisation, un processus générationnel
Pour la revue Commentaire, Pierre-André Taguieff insiste sur ce point central : il ne s’agit pas d’un simple maintien de la religiosité, mais d’un mouvement de réaffirmation et de radicalisation religieuse qui touche particulièrement les jeunes nés ou socialisés en France. Ce processus s’accompagne souvent d’une adhésion aux thèses islamistes et d’une forme de « contre-société » au sein de la société française.
Loin des discours alarmistes qui annoncent une guerre civile imminente, Taguieff reste mesuré : le risque de séparatisme n’est pas à écarter, mais nous n’en sommes pas encore à une fracture irrémédiable. En revanche, nier la réalité de cette évolution reviendrait à se mentir collectivement.
Pour continuer la lecture, abonnez-vous ou utilisez un crédit.
Déjà abonné(e) ? Se connecter