Mali, Niger, Burkina Faso : quatre ans après avoir chassé Paris, quel bilan ?
Présentée comme la condition du redressement du Mali, du Niger ou du Burkina Faso, l’éviction de la France devait ouvrir une nouvelle ère de souveraineté et de stabilité. Quatre ans plus tard, le constat dressé par le général Gomart est sévère : le terrorisme progresse, les libertés reculent et l’Afrique de l’Ouest demeure plus fragile que jamais.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Quatre ans après le départ de la France du Sahel, le Burkina Faso, le Mali et le Niger peinent à rétablir la sécurité. Le général Christophe Gomart évoque un échec des juntes militaires.
Pendant plusieurs années, un récit s’est imposé dans une partie du débat africain et européen. Selon celui-ci, la présence française constituait l’une des principales causes des difficultés rencontrées par les États du Sahel. Le départ de Paris devait permettre aux pays concernés de retrouver leur souveraineté, de restaurer leur sécurité et de reprendre leur destin en main. Le Mali d’abord, puis le Burkina Faso et le Niger ont progressivement rompu avec leurs anciens partenaires occidentaux. Les forces françaises ont quitté la région, tandis que les discours anti-français se multipliaient et que de nouveaux alliés étaient recherchés, notamment du côté de la Russie.
Quatre ans plus tard, le général Christophe Gomart, ancien commandant des forces spéciales françaises et aujourd’hui député européen, dresse un bilan particulièrement sombre de cette évolution.
Le Burkina Faso, symbole d’un échec
À l’occasion de l’adoption d’une résolution du Parlement européen consacrée au Burkina Faso, Christophe Gomart a livré une analyse sans détour de la situation. Selon lui, la junte arrivée au pouvoir après le coup d’État de 2022 a échoué sur son objectif principal : rétablir la sécurité et restaurer l’autorité de l’État.
Les chiffres avancés sont alarmants. Le Burkina Faso aurait enregistré plus de 5.200 morts liés aux violences en 2025. Plus de deux millions de personnes auraient été déplacées et près de 60 % du territoire échapperait encore au contrôle effectif des autorités. Pour le député européen, le pays est devenu l’un des principaux foyers du terrorisme islamiste dans le monde.
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