La langue française, une ligne rouge du Canada face aux exigences américaines
Subventions culturelles, contenus francophones en ligne, étiquetage bilingue : face aux exigences américaines, Ottawa a préféré rompre les négociations commerciales. Une ligne rouge largement approuvée au Québec, où 85 % des habitants soutiennent la décision de Mark Carney.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Face aux exigences américaines sur la culture québécoise, les contenus francophones et l’étiquetage bilingue, le Canada fait du français une ligne rouge dans ses négociations commerciales avec Washington.
Il est des différends commerciaux qui dépassent rapidement les droits de douane et les colonnes d’un tableau Excel. Entre le Canada et les États-Unis, le français vient de s’imposer comme l’une de ces lignes rouges sur lesquelles Ottawa n’entend pas transiger. Au risque de prolonger une guerre commerciale avec son immense voisin.
Le Premier ministre canadien Mark Carney a confirmé lundi que la défense de la culture québécoise et de la langue française avait compté parmi les principaux points d’achoppement des négociations commerciales avec Washington, rompues vendredi.
« Il y a un écart énorme entre les perspectives canadiennes et les perspectives américaines » en matière culturelle, a-t-il expliqué.
L’enjeu est loin d’être symbolique. Selon les éléments rapportés par le Figaro, les négociateurs américains ont introduit dans les dernières heures des demandes touchant directement aux mécanismes par lesquels le Canada protège sa singularité culturelle : subventions accordées à la culture francophone, présence et visibilité des contenus francophones sur les plateformes numériques et règles imposant l’étiquetage bilingue des produits.
Autrement dit, au milieu d’une négociation portant sur les échanges commerciaux entre deux des économies les plus intégrées au monde, Washington s’est heurté à une vieille singularité canadienne : le français n’y est pas simplement un produit culturel parmi d’autres.
Une exception qui « a toujours irrité les Américains »
Le contentieux n’est pas nouveau. « La question de l’exception culturelle québécoise a toujours irrité les Américains », rappelle Geneviève Tellier, professeure de science politique à l’Université d’Ottawa.
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