« Une pure honte » : Francken réclame le retrait du doctorat honoris causa de Francesca Albanese
Theo Francken demande à l’UGent, à la VUB et à l’Université d’Anvers de retirer le doctorat honoris causa accordé à Francesca Albanese. « Elle est pro-russe et hait les Juifs », accuse le ministre de la Défense après de nouveaux propos controversés de la rapporteuse de l’ONU.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Theo Francken demande aux trois universités flamandes de retirer le doctorat honoris causa de Francesca Albanese après ses propos controversés sur l’antisémitisme et la Shoah.
Le ministre de la Défense Theo Francken (N-VA) demande à l’Université de Gand, à la VUB et à l’Université d’Anvers de retirer le doctorat honoris causa décerné à Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens.
« Elle est pro-russe et hait les Juifs. Ce doctorat honoris causa est une pure honte. Retirez-le, s’il vous plaît », a lancé le ministre sur X, en interpellant directement les trois universités flamandes.
Eredoctor van @ugent @VUBrussel @UAntwerpen aan het woord.
— Theo Francken (@FranckenTheo) September 27, 2026
Ze is pro Rusland en haat joden.
Dit eredoctoraat is een pure schande. Trek dat terug in a.u.b. https://t.co/3NhkZ3VmlC
En avril dernier, celles-ci avaient conjointement distingué la juriste italienne pour son « engagement exceptionnel en faveur des droits de l’homme et de la justice internationale ». Une première en Flandre : jamais l’UGent, la VUB et l’UAntwerpen ne s’étaient associées pour attribuer ensemble un doctorat honorifique.
La distinction avait déjà suscité une vive controverse. Les trois recteurs avaient alors défendu leur décision, estimant notamment qu’Albanese poursuivait sa mission onusienne malgré d’importantes pressions et que cet hommage ne devait pas être interprété comme dirigé contre la communauté juive.
Une nouvelle polémique autour de la Shoah
La réaction de Theo Francken arrive après la diffusion de nouveaux propos controversés de Francesca Albanese sur l’antisémitisme et la Shoah.
Dans un entretien accordé à la Confédération latino-américaine et caribéenne des travailleurs de l’État, la rapporteuse de l’ONU a notamment affirmé que des Juifs conduits vers les chambres à gaz avaient été appelés « les musulmans » dans les camps nazis.
La déclaration semble procéder d’une confusion avec le terme allemand « Muselmann ». Celui-ci était effectivement employé dans plusieurs camps de concentration, notamment Auschwitz, mais désignait des détenus arrivés à un état extrême d’épuisement, de famine et d’apathie, proches de la mort. Il ne s’agissait ni d’un terme désignant spécifiquement les Juifs ni d’une catégorie raciale nazie.
Albanese a également affirmé que le terme « antisémitisme » désignait à l’origine plus largement des populations non européennes venues du Moyen-Orient, avant de finir par désigner spécifiquement la haine des Juifs. Là encore, cette présentation est contestée par les historiens : le terme allemand « Antisemitismus », popularisé par Wilhelm Marr à la fin du XIXe siècle, a été forgé dans un contexte explicitement anti-juif.
C’est en relayant une publication dénonçant une « falsification pure et simple de l’histoire » que Theo Francken a réclamé le retrait du titre universitaire.
L’UGent, la VUB et l’Université d’Anvers avaient pourtant précisément présenté leur distinction comme un hommage à l’expertise juridique d’Albanese et à son engagement en faveur du droit international. Cinq mois après sa remise, le ministre de la Défense leur demande désormais publiquement de revenir sur ce choix.