10.000 euros de retraites et 7.600 comme député pour François Hollande
François Hollande reconnaît percevoir environ 10.000 euros de retraites par mois. Redevenu député, il touche parallèlement plus de 7600 euros bruts d'indemnité parlementaire. L'ancien président se décrit lui-même comme un « retraité favorisé » et juge « logique » que sa pension ne soit pas indexée.
Publié par Harrison du Bus
François Hollande ne se considère pas comme un retraité ordinaire. Interrogé sur le niveau des pensions, l'ancien président de la République affirme percevoir environ 10.000 euros de retraites par mois, auxquels s'ajoute désormais son indemnité de député de la Corrèze, supérieure à 7600 euros bruts.
Une situation suffisamment confortable pour que l'ancien chef de l'État se qualifie lui-même de « retraité favorisé » et juge « tout à fait logique » que sa propre pension puisse ne pas être indexée.
Ses déclarations interviennent alors que la rémunération des responsables politiques revient dans le débat français. À l'approche d'un budget 2027 qui s'annonce difficile, Sébastien Lecornu envisage notamment de réduire les indemnités des membres de son gouvernement au nom de l'exemplarité.
« J'ai 10.000 euros de retraite »
Interrogé sur sa situation personnelle, François Hollande n'a pas cherché à l'éluder. « Entre la retraite d'ancien président, qui doit être de 5000 euros, plus ce que j'ai comme retraite de la Cour des comptes, j'ai 10.000 euros de retraite. Je suis un retraité favorisé », explique-t-il.
François Hollande touche… 10 000€ de retraite😯
— Destination Télé (@DestinationTele) September 16, 2026
Tout en percevant son indemnité parlementaire de 7 600€ pic.twitter.com/qQBcBPP565
Le chiffre est arrondi. Les montants détaillés communiqués récemment font état de 5553 euros nets mensuels au titre de sa pension d'ancien président de la République, 3591 euros nets comme ancien magistrat à la Cour des comptes et environ 240 euros issus d'anciens mandats locaux. L'ensemble approche ainsi 9400 euros nets mensuels.
François Hollande percevait également une pension d'ancien député avant son retour à l'Assemblée nationale. Réélu en Corrèze en juillet 2024, il perçoit désormais l'indemnité attachée à son mandat actuel.
« Il me paraît tout à fait logique que ma retraite ne soit pas indexée », estime l'ancien président. Une position qu'il justifie précisément par le niveau particulièrement élevé de ses pensions.
7.600 euros bruts pour un député
Comme les 576 autres membres de l'Assemblée nationale, François Hollande perçoit une indemnité parlementaire dont le montant brut mensuel s'élève à 7637,39 euros.
Après prélèvements sociaux, elle représente environ 5950 euros nets. Il serait donc trompeur d'additionner directement les « 10.000 euros » de retraites évoqués par François Hollande, qui correspondent à un ordre de grandeur de pensions nettes, aux quelque 7600 euros de son indemnité parlementaire, exprimés en brut.
Sur la base des montants détaillés disponibles, pensions et indemnité de député représentent néanmoins autour de 15.300 euros nets par mois pour l'ancien chef de l'État.
Ces différents revenus correspondent à autant de fonctions successivement ou actuellement exercées : présidence de la République, carrière de magistrat à la Cour des comptes, anciens mandats et mandat parlementaire actuel. Leur cumul n'en donne pas moins un relief particulier au débat actuel sur les revenus des responsables publics.
Près de 10.700 euros pour un ministre
François Hollande n'est évidemment pas le seul responsable politique français à percevoir une rémunération très supérieure au revenu moyen.
Un ministre ou un ministre délégué reçoit actuellement environ 10.692 euros bruts par mois. La somme est composée d'un traitement de base d'environ 8305 euros, auquel s'ajoutent une indemnité de résidence et une indemnité de fonction.
Les secrétaires d'État se situent légèrement en dessous, autour de 10.159 euros bruts mensuels.
Tout en haut de l'exécutif, le président de la République et le Premier ministre perçoivent chacun environ 16.038 euros bruts par mois.
Ces montants sont encadrés par décret et dépendent notamment de la rémunération des fonctionnaires de l'État classés « hors échelle ». Leur progression au cours des dernières années s'explique notamment par les revalorisations du point d'indice de la fonction publique.
Lecornu veut demander un effort aux ministres
Dans un contexte budgétaire particulièrement contraint, Sébastien Lecornu envisage désormais de revoir ces montants à la baisse.
Matignon assume avant tout la portée symbolique d'une telle mesure. Une réduction des traitements ministériels ne changerait pratiquement rien à l'état des finances publiques : Public Sénat calcule qu'une baisse de 10 % de la rémunération des 35 membres du gouvernement représenterait environ 456.000 euros d'économies annuelles.
L'objectif serait donc celui de l'exemplarité au moment où le gouvernement s'apprête à demander des efforts beaucoup plus importants aux Français pour redresser les comptes publics.
La rémunération des parlementaires échappe en revanche à l'exécutif. Matignon ne peut décider de diminuer les indemnités des députés et sénateurs : une telle modification relève du Parlement.
Hollande avait lui-même diminué les salaires de l'exécutif de 30 %
L'histoire comporte d'ailleurs une ironie. Le système actuel de rémunération des membres du gouvernement remonte précisément au début du quinquennat de François Hollande.
Pendant la campagne présidentielle de 2012, le candidat socialiste avait promis de réduire de 30 % les rémunérations du président et des ministres. Une fois élu, il avait tenu cet engagement.
La rémunération brute d'un ministre était alors passée d'environ 14.200 à 9.940 euros par mois. Celle du président de la République et du Premier ministre avait chuté d'environ 21.300 à 14.910 euros.
La majorité socialiste parlait alors d'une « exigence nouvelle de sobriété financière ».
Les revalorisations successives du point d'indice ont depuis fait remonter ces traitements. Un ministre perçoit aujourd'hui près de 10.700 euros bruts et le chef de l'État un peu plus de 16.000.
Quatorze ans plus tard, c'est donc Sébastien Lecornu qui envisage à son tour de demander aux membres de l'exécutif de consentir symboliquement à une baisse de revenus.
Une économie symbolique, un débat très politique
La question dépasse largement les quelques centaines de milliers d'euros susceptibles d'être économisés.
Réduire de 10 % la rémunération des ministres serait pratiquement invisible à l'échelle du budget de l'État. Ses défenseurs y voient néanmoins une condition de crédibilité lorsqu'un gouvernement demande parallèlement des économies aux ménages. Ses détracteurs peuvent au contraire faire valoir qu'une rémunération élevée correspond à des responsabilités exceptionnelles et qu'il existe un risque à rendre les fonctions publiques de premier plan financièrement moins attractives.
François Hollande fournit, de son côté, une troisième réponse. Avec près de 10.000 euros mensuels de pensions et une indemnité de député supérieure à 7600 euros bruts, l'ancien président ne prétend pas appartenir à la France des petites retraites. « Je suis un retraité favorisé », reconnaît-il.
Et lorsqu'il s'agit de savoir si toutes les pensions doivent nécessairement continuer à suivre l'inflation, il commence par la sienne : « Il me paraît tout à fait logique que ma retraite ne soit pas indexée. »