Avant la hausse fiscale, les dirigeants vident leurs sociétés, selon le SPF Finances.
Des milliers de dirigeants d'entreprise ont vidé la trésorerie de leur société avant le durcissement fiscal prévu au 1er avril. Un afflux inédit de distributions de dividendes a généré des recettes record pour l'État, sans garantir d'effet durable sur les finances publiques.
Publié par A JS
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Résumé de l'article
Avant l'entrée en vigueur de la hausse du précompte mobilier au 1er avril, de nombreux dirigeants ont massivement retiré les liquidités de leur société de gestion. Les recettes fiscales liées aux dividendes ont bondi début 2026, atteignant des records temporaires, selon le SPF Finances et la Cour des comptes.
D'après nos confrères de l'Echo, depuis plusieurs mois, de nombreux dirigeants ont retiré d'importantes sommes de leurs sociétés de gestion pour échapper à la hausse du taux de précompte mobilier. Décidée lors des négociations budgétaires, la réforme du gouvernement De Wever a alourdi la fiscalité sur les retraits de trésorerie effectués via le régime VVPR-bis, dont le taux préférentiel passera de 15 % à 18 % dès la publication de la loi au Moniteur belge, prévue pour le 1er avril. Ce régime, réservé aux capitaux apportés après juillet 2013 et bloqué au moins trois ans, permet encore, jusque-là, de bénéficier d'un avantage fiscal notable.
Ruée sur les dividendes avant le 1er avril
Les chiffres du SPF Finances confirment une ruée sur ces distributions. En janvier, les recettes du précompte mobilier sur les dividendes ont atteint 332 millions d'euros, contre 198 millions un an plus tôt. À la fin de 2025, ces recettes avaient déjà bondi à plus de 1,2 milliard d'euros, soit 449 millions de plus qu'en 2024, avec plus de 400 millions enregistrés pour le seul mois de décembre. Des milliards d'euros ont ainsi été retirés avant la hausse d'impôt.
Des recettes exceptionnelles mais temporaires
La Cour des comptes souligne que cette dynamique pourrait se poursuivre jusqu'à fin mars, entraînant des recettes « exceptionnellement élevées », mais sans impact structurel sur les comptes publics. Ces rentrées, qualifiées de ponctuelles, risquent même de creuser le déficit les années suivantes. Pour le député d'opposition Vincent Van Quickenborne (Anders), cette situation illustre l'effet de certaines hausses d'impôts sur le comportement des entrepreneurs et remet en cause la prévisibilité fiscale essentielle à l'investissement.
Le VVPR-bis et la réserve de liquidation en essor
Le recours au VVPR-bis s'est fortement intensifié : plus de 55 000 sociétés en ont profité en 2025, contre moins de 18 000 en 2022. Parallèlement, d'autres dirigeants ont opté pour la « réserve de liquidation », un mécanisme destiné aux sociétés créées avant juillet 2013.
Ce dispositif permet, en complément d'une taxe initiale de 10 %, de redistribuer ultérieurement la trésorerie avec un précompte réduit. Les réserves constituées avant le 31 décembre 2025 bénéficieront encore d'un taux de 5 % à 6,5 %, mais les suivantes seront taxées à près de 10 %.