Canada-Europe : Mark Carney tient tête à Trump, mais son rêve européen se heurte déjà aux Vingt-Sept
À Strasbourg, Mark Carney a défendu avec force le rapprochement du Canada avec l'Union européenne malgré les menaces de Donald Trump. Mais derrière les applaudissements du Parlement, le projet de faire d'Ottawa le premier « membre associé » de l'UE suscite déjà de sérieuses réserves dans plusieurs capitales.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Mark Carney défend à Strasbourg le rapprochement du Canada avec l'Europe malgré les menaces de Donald Trump. Mais le projet de « membre associé » voulu par Ursula von der Leyen se heurte déjà aux réserves de Berlin et d'autres capitales européennes.
« Un seul arbre tombera. Une forêt, elle, résistera. » Devant les eurodéputés réunis à Strasbourg ce jeudi, Mark Carney a choisi la métaphore pour résumer le nouveau cap stratégique du Canada. Confronté depuis des mois à une relation de plus en plus conflictuelle avec Washington, le Premier ministre canadien veut arrimer davantage son pays à l'Europe.
Et Donald Trump ne le fera pas changer d'avis. Quelques heures après que le président américain a qualifié de « risible » le projet de faire du Canada le premier « membre associé » de l'Union européenne et menacé Bruxelles de nouveaux droits de douane s'il y voyait un « acte hostile », Carney a maintenu sa ligne. « Personne ne va dicter notre culture ni avec qui nous pouvons conclure des accords à l'international », a-t-il déclaré à Strasbourg.
Le Canadien prend toutefois soin de ne pas présenter ce rapprochement comme la naissance d'un bloc occidental concurrent des États-Unis. Une coopération renforcée avec l'Europe serait au contraire, selon lui, « une chose positive » susceptible de faire du Canada « un meilleur partenaire pour les États-Unis ». « Je ne propose pas un troisième bloc pour devenir un rival des grandes puissances », a-t-il expliqué devant le Parlement européen.
De Washington à Bruxelles, le grand rééquilibrage canadien
Le discours dépasse largement les symboles. Ottawa et Bruxelles envisagent une coopération renforcée dans la défense, l'énergie, l'intelligence artificielle, les semi-conducteurs, les minéraux critiques, l'espace, les systèmes de paiement et le commerce numérique. Carney souhaite également rapprocher le Canada d'Erasmus+ et approfondir sa participation à Horizon Europe. Plusieurs accords pourraient être annoncés lors du sommet UE-Canada prévu les 29 et 30 octobre à Montréal.
Cette stratégie s'étend d'ailleurs au-delà de l'Union européenne. Le Canada a officiellement demandé à rejoindre la Force expéditionnaire conjointe (JEF), coalition militaire de dix pays du nord de l'Europe conduite par le Royaume-Uni. Ottawa explore parallèlement une coopération avec Londres dans le programme d'avion de combat GCAP.
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