L’Europe à 35 ne fait pas peur à Bruxelles, mais un rapprochement avec le Canada, si…
L'UE prépare son élargissement à des économies fragiles d'Europe de l'Est et des Balkans. Mais lorsque le Canada, membre du G7 et de l'Otan, propose une « alliance unique », plusieurs capitales réclament soudain du « réalisme ». Une prudence qui révèle les curieuses priorités européennes.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
L'UE poursuit son élargissement à l'Est mais accueille fraîchement la proposition d'alliance privilégiée du Canada. Un contraste révélateur de ses priorités.
Il y a un mois, nous racontions cette Union européenne qui, malgré ses difficultés à fonctionner à 27, prépare déjà son prochain grand élargissement. Ukraine, Moldavie, Albanie, Monténégro, Balkans occidentaux : Bruxelles envisage sérieusement une Europe comptant demain plus de trente membres.
Le contraste avec les révélations du Financial Times est saisissant. Lorsque le Canada, membre du G7 et de l'Otan, l'une des démocraties les plus riches et les plus stables de la planète, propose de bâtir une « alliance unique » avec l'Europe, plusieurs capitales européennes retrouvent soudain le goût de la prudence.
Le Premier ministre canadien Mark Carney en avait pourtant fait l'un des axes de sa politique étrangère. Face à une Amérique devenue plus imprévisible et à la puissance chinoise, Ottawa cherche à rapprocher les « puissances moyennes » partageant des intérêts et des valeurs communes. Le Canada souhaite ainsi approfondir considérablement sa relation économique avec l'Union européenne. Carney était même allé jusqu'à évoquer précédemment une forme de « membre associé ».
Selon le FT, l'offensive de charme canadienne vient de recevoir un accueil pour le moins frais. Plusieurs gouvernements européens refusent l'idée d'accorder à Ottawa un accès commercial préférentiel supplémentaire et proposent plutôt d'améliorer les accords existants.
Un diplomate cité par le quotidien britannique appelle ainsi à faire preuve d'un peu de « réalisme ». Voilà précisément un principe dont l'Union pourrait faire un usage plus général.
Le Canada ? Attention. La Moldavie ? Accélérons
Car au même moment, Bruxelles poursuit avec une tout autre détermination sa politique d'élargissement. L'Albanie, le Monténégro, la Moldavie et l'Ukraine ont encore franchi de nouvelles étapes ces derniers mois. La Commission répète que l'élargissement constitue désormais un « investissement stratégique » dans la paix, la sécurité et la prospérité du continent.
Les situations ne sont évidemment pas juridiquement comparables. Le Canada ne demande pas à devenir le 28e membre de l'Union et la politique d'élargissement répond à une logique géographique et géopolitique propre. Mais c'est précisément la différence de disposition qui est étonnante.
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