« Ce qui a été volé, ce sont des alcools forts pour du trafic » : le PDG de Carrefour démonte la thèse des pillages alimentaires
Pour Alexandre Bompard, les pillages du 17 octobre n'avaient rien d'une réponse à la vie chère. Le PDG de Carrefour affirme que les voleurs ont principalement emporté des alcools forts, et non des denrées alimentaires. Il alerte également sur la colère de commerçants qui évoquent désormais l'autodéfense.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Alexandre Bompard affirme que les pillards ont volé des alcools forts plutôt que de la nourriture chez Carrefour et alerte sur les discours d'autodéfense.
Les pillages du 17 octobre étaient-ils une conséquence de la précarité et de la baisse du pouvoir d'achat ? Alexandre Bompard, PDG de Carrefour et président de la Fédération du commerce et de la distribution, conteste fermement cette interprétation.
Invité de France Inter mercredi 21 octobre, le dirigeant a livré un témoignage particulièrement concret sur les marchandises dérobées dans les magasins de son groupe, dont une cinquantaine ont été touchés par les violences.
Alexandre Bompard, PDG de Carrefour :« Ce qui a été pillé dans les magasins, ce n’est pas de l’alimentaire, c’est des alcools forts ».
— Baudouin 🇲🇨 (@Baudouin__w) October 22, 2026
Le mythe des émeutes de la faim que nous vend la gauche ne tient évidemment pas devant les faits. pic.twitter.com/frAZTgJFsw
« Ce ne sont pas des opérations de pouvoir d'achat »
« Le vandalisme, les pillages de ce week-end, ce ne sont pas des opérations de pouvoir d'achat », affirme Alexandre Bompard.
Et le patron de Carrefour précise : « Ce qui a été volé dans mes magasins, je vends de l'alimentaire. C'est pas de l'alimentaire. C'est des alcools forts, pour du trafic. »
Le dirigeant explique avoir personnellement constaté la nature des marchandises volées ou détruites en visitant les établissements sinistrés.
Un témoignage qui contredit l'idée de pillages motivés par la nécessité de se nourrir. Alexandre Bompard distingue néanmoins ces actes des revendications sur le pouvoir d'achat, dont il reconnaît la légitimité.
Des commerçants tentés par l'autodéfense
Au-delà des pertes matérielles, le PDG de Carrefour s'inquiète d'une colère grandissante parmi les commerçants victimes des violences.
Après avoir rencontré ses franchisés touchés par les saccages, il rapporte l'apparition de discours évoquant l'autodéfense : certains professionnels estiment que l'État n'a pas été capable de les protéger et envisagent de prendre eux-mêmes leur sécurité en main.
« On peut comprendre cette colère-là », reconnaît Alexandre Bompard, qui rejette néanmoins cette perspective. « Moi, je leur réponds non. La loi, la République doivent toujours l'emporter. Encore faut-il que l'ordre républicain s'exerce. »
Un avertissement adressé aux pouvoirs publics, alors que de nouvelles manifestations sont annoncées pour le 24 octobre.
Un lourd bilan pour le commerce
Les violences ont touché environ 3.000 commerces à travers la France, dont une cinquantaine de magasins Carrefour.
Le distributeur estime désormais que les conséquences directes et indirectes des troubles pourraient peser de 80 à 200 millions d'euros sur son résultat opérationnel annuel. Le groupe a d'ailleurs revu ses objectifs financiers à la baisse.
Pour Alexandre Bompard, la distinction est donc essentielle : les revendications sociales peuvent être légitimes, mais les pillages ne sauraient être confondus avec une mobilisation pour le pouvoir d'achat.
Son témoignage sur les alcools forts volés apporte un éclairage supplémentaire sur la nature de certains de ces actes, tandis que ses mises en garde sur l'autodéfense soulignent la crise de confiance qui menace de s'installer entre commerçants et pouvoirs publics.