« C'est probablement la blessure qui m'a le plus construit » : Maxime Prévot se livre sur son passé
Invité du podcast Face B de Martin Buxant, Maxime Prévot s'est livré avec une rare franchise sur l'épreuve la plus douloureuse de son existence : la mort brutale de son père et l'impossibilité de lui dire adieu.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Dans le podcast Face B, Maxime Prévot revient sur la mort brutale de son père et sur l'épreuve qui a le plus marqué sa vie.
Les Belges connaissent surtout Maxime Prévot comme ancien président des Engagés, ancien bourgmestre de Namur et actuel ministre des Affaires étrangères. Une personnalité généralement perçue comme calme, mesurée et attachée au compromis.
Invité du podcast Face B de Martin Buxant, le responsable politique a toutefois laissé apparaître une facette beaucoup plus intime de son parcours en revenant sur ce qu'il décrit lui-même comme la blessure la plus fondatrice de sa vie.
Au cœur de son récit se trouvent des relations familiales compliquées, une réconciliation interrompue et un décès brutal survenu au moment où les liens avec son père commençaient enfin à se reconstruire.
Une relation progressivement détruite
Maxime Prévot raconte avoir entretenu pendant de nombreuses années des relations difficiles avec son père.
Selon lui, cette dégradation est largement liée à l'arrivée de la nouvelle compagne de ce dernier, avec laquelle les tensions se sont rapidement installées.
Au fil des années, les rapports familiaux se détériorent au point que les contacts deviennent de plus en plus rares. Le ministre explique même avoir cessé pendant une période de se rendre chez son père.
La situation atteint un nouveau point de rupture lorsque celui-ci annonce son mariage. « Peu importe, vous n'êtes pas convié », lui aurait-il répondu lorsqu'il demanda la date de la cérémonie. Une décision que Maxime Prévot dit ne jamais avoir réellement comprise ni totalement digérée.
Une réconciliation interrompue par le destin
Pourtant, l'histoire ne s'arrête pas là. Après une dizaine d'années de vie commune et un an de mariage, son père décide finalement de quitter sa femme et de s'installer en Espagne.
C'est à ce moment-là que les relations commencent progressivement à s'améliorer. Maxime Prévot explique qu'une nouvelle compagne aurait aidé son père à prendre conscience de certaines erreurs commises dans sa relation avec ses enfants. Un rapprochement s'opère alors entre eux. Cette réconciliation naissante ne durera que quelques mois.
Son père trouve la mort dans un crash d'avion en Espagne. « Il y avait de la complicité qui avait pu renaître quelques mois avant son décès », confie-t-il aujourd'hui, évoquant avec émotion cette seconde chance brutalement interrompue.
Le traumatisme des funérailles
La douleur du décès va toutefois être aggravée par un autre épisode. Comme la femme de son père est toujours légalement mariée avec lui au moment du drame, Maxime Prévot la contacte pour lui annoncer la nouvelle.
La suite le marquera durablement. Selon son récit, celle-ci se rend immédiatement en Espagne puis cesse toute communication avec les enfants du défunt. Quelques jours plus tard, Maxime Prévot découvre que les funérailles ont déjà eu lieu.
« Elle les organise dans notre dos », raconte-t-il. Ni lui ni son frère n'ont été informés de la cérémonie. Ils ne pourront jamais assister aux obsèques ni dire un dernier adieu à leur père. Le futur ministre explique avoir simplement reçu un numéro correspondant à l'emplacement de la tombe dans un cimetière d'Alicante.
« On n'a donc même pas eu l'occasion de dire au revoir », regrette-t-il aujourd'hui encore.
Une blessure devenue une force
Avec le recul, Maxime Prévot affirme avoir transformé cette souffrance en moteur. Loin d'effacer cette période de sa vie, il considère qu'elle a contribué à façonner son caractère et sa manière d'aborder les épreuves. « Il faut faire de ces douleurs des forces », explique-t-il.
Le ministre reconnaît que cette histoire reste douloureuse plusieurs décennies plus tard, mais il estime également qu'elle a participé à construire sa résilience.
« C'est probablement la blessure qui m'a le plus construit », conclut-il. Des confidences rares qui permettent d'entrevoir l'histoire personnelle derrière l'une des figures les plus connues du paysage politique francophone belge.