Yvan Verougstraete entarté lors d'une soirée des Engagés à Florenville
Quelques semaines après avoir été bousculé devant le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le président des Engagés, Yvan Verougstraete, a été entarté lors d'une soirée publique à Florenville. Un nouvel épisode qui pose la question de la radicalisation progressive de la contestation dans l'enseignement.
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Résumé de l'article
- Le président des Engagés, Yvan Verougstraete, a été entarté lors d'une soirée publique à Florenville
- L'auteur du geste est un enseignant de menuiserie opposé aux réformes de l'enseignement.
- Après les bousculades devant le Parlement, ce nouvel incident relance le débat sur la radicalisation de la contestation.
Sommaire
Le président des Engagés, Yvan Verougstraete, a été entarté lundi soir à Florenville lors d'une soirée de rencontres organisée par son parti. Un geste revendiqué par un enseignant de menuiserie en colère contre les réformes de l'enseignement et qui intervient quelques semaines à peine après que le président centriste a déjà été physiquement bousculé devant le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles lors d'une manifestation d'enseignants opposés au décret-programme. Un nouvel épisode qui interroge sur la radicalisation progressive du mouvement de contestation.
La tension autour des réformes de l'enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles a franchi un nouveau cap lundi soir à Florenville. Le président des Engagés, Yvan Verougstraete, a été entarté au terme d'une soirée de rencontres organisée par la section locale du parti.
L'incident survient quelques jours seulement après un autre épisode marquant : le président centriste avait déjà été physiquement bousculé devant le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles lors d'une manifestation d'enseignants opposés au vote du décret-programme.
Si l'entartage se veut souvent symbolique et se distingue évidemment d'une agression physique, la répétition de ces incidents pose néanmoins une question de fond : jusqu'où la contestation peut-elle aller avant de franchir une ligne rouge démocratique ?
Une soirée d'échanges qui se termine par un entartage
L'événement, baptisé « C'est expliqué près de chez vous ! », avait réuni des sympathisants, des citoyens ainsi que plusieurs enseignants venus débattre des grands enjeux du moment.
L'enseignement a occupé une place importante dans les discussions et, selon les témoignages recueillis sur place, les échanges se sont déroulés dans une ambiance sereine pendant près de deux heures.
« Après deux heures de débat, la soirée touchait à sa fin. Alors que les participants étaient debout, échangeant encore quelques mots avant de quitter les lieux, Yvan Verougstraete a été victime d'un entartage », explique Camille Maitrejean, bourgmestre de Florenville (Les Engagés).
Le geste a été commis à l'aide d'une assiette en carton remplie de crème chantilly.
Un enseignant revendique son geste
Il explique avoir voulu exprimer sa colère face aux conséquences des réformes de l'enseignement sur sa filière. « L'option va fermer parce que durant deux années de suite nous ne remplirons pas le quota qui a été décidé », explique-t-il.
L'enseignant, qui exerce depuis vingt ans, dit vivre cette situation comme un véritable déchirement professionnel.
« Je suis un fervent passionné depuis toujours. Cela fait vingt ans que j'enseigne. Ces réformes-là me font énormément de mal. Je vois tous ces enfants passionnés par les ateliers de menuiserie, de mécanique… La menuiserie est un métier en pénurie et l'option fermera. »
Il affirme avoir tenté d'autres démarches auparavant.
« J'ai discuté avec Valérie Glatigny, j'ai envoyé un message à Valérie Lescrenier. Les réponses sont les mêmes. Derrière le bilan chiffré, on ne ressent pas d'humanité. C'est le manque de transparence et une profonde sensation de manque de considération et de respect face au corps enseignant qui m'ont amené à un geste comme celui-là. »
« Je ne voulais pas entarter l'homme, mais le symbole »
L'enseignant insiste sur la portée symbolique de son acte.
« Je ne voulais pas entarter la personne, mais le symbole qu'il représente, celui des Engagés, qui s'étaient engagés envers les profs et qui n'ont pas respecté leur parole. Je n'ai pas de problème avec l'homme. Je le trouve même posé, intelligent. Je l'ai entarté pour le symbole qu'il représente. »
L'auteur des faits a ensuite été reconduit à l'extérieur de la salle, sans qu'aucune violence supplémentaire ne soit rapportée.
Une nouvelle étape après les incidents devant le Parlement
Cet épisode n'est toutefois pas isolé.
Il intervient dans un climat déjà particulièrement tendu autour des réformes de l'enseignement. Il y a quelques jours, Yvan Verougstraete avait déjà été physiquement bousculé devant le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles par des manifestants opposés au décret-programme.
La colère ne peut pas tout justifier
Personne ne conteste le droit des enseignants à exprimer leur désaccord ni leur inquiétude face aux réformes en cours. Le débat démocratique suppose même une confrontation des idées, parfois vive et passionnée.
Mais il repose aussi sur un principe fondamental : la contestation des décisions politiques ne peut pas se transformer en mise en cause physique des personnes qui les portent.
L'entartage est parfois présenté comme une forme de satire politique ou une action spectaculaire destinée à faire passer un message. Pourtant, lorsqu'il intervient dans un contexte déjà marqué par des tensions et des intimidations répétées, il contribue à banaliser l'idée selon laquelle l'atteinte physique à un responsable politique serait devenue un mode d'expression acceptable.
Or, la frontière est mince entre le symbole et la banalisation de la violence.
Les Engagés dénoncent une « violence inacceptable »
Du côté des Engagés, le parti a rapidement réagi. « Ce qu'on regrette, c'est la violence. S'en prendre physiquement aux personnes, c'est inacceptable », a déclaré la porte-parole Marine Lambrecht.
Elle rappelle également que des enseignants qui ne s'étaient pas inscrits à la soirée avaient été accueillis sans difficulté. « Nous comprenons que des mesures ne fassent pas plaisir à certains professeurs. Nous sommes ouverts au dialogue. »
Concernant le dossier spécifique de la fermeture de certaines options, elle précise que « les mesures qui concernent cette fermeture ne sont pas une conséquence du décret-programme 2, mais des suites du tronc commun qui n'a pas été décidé par ce gouvernement ».
Les Engagés indiquent qu'aucune plainte n'est envisagée à ce stade.
Yvan Verougstraete, lui, a rapidement dédramatisé la situation et a même goûté la crème avec un sourir