Sansal explique les pressions de Gallimard : On lui a demandé de se taire et on lui a retiré son téléphone
Dans son nouveau livre à paraître début juin chez Grasset, Boualem Sansal revient sur sa détention en Algérie, critique la stratégie de négociation d’Emmanuel Macron et livre un récit particulièrement sévère de son passage chez Gallimard, qu’il accuse d’avoir tenté de le réduire au silence après son retour en France.
Publié par J.PE
Résumé de l'article
Dans son nouveau livre, Boualem Sansal accuse Gallimard de lui avoir retiré son téléphone et demandé de se taire après son retour d’Algérie.
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L’ouvrage de Boualem Sansal va sortir dans les prochains jours, plus précisément début juin. Les bonnes feuilles de l’ouvrage publié chez Grasset ont été publiés par le Figaro.
À la toute fin du livre, Boualem Sansal égratine le Président Macron qu’il a trouvé trop faible dans les négociations : « Je veux être de ceux qui résistent, qui tiennent, non de ceux qui négocient car négocier c’est parfois, toujours quand on est faible, sacrifier des principes vitaux pour un avantage éphémère, qu’on vous accorde aujourd’hui pour vous le reprendre demain, écrit-il en conclusion de son livre. La résistance est un roc, la faiblesse un glissement, un suicide. » Il pense qu’en ayant négocié, la France ait sacrifié ses principes au moment même où elle est la cible de menaces extérieures et intérieures. Le Figaro ajoute : « Convaincu de la conquête silencieuse de notre territoire par l’islamisme, il redoute que la reddition face à l’Algérie ne prépare la soumission face aux ayatollahs. »
Histoire d’une rupture
Enfin, Boualem Sansal donne sa version concernant son départ de Gallimard. À leur retour à Paris, trouvent refuge dans un appartement prêté par Antoine Gallimard, rue de l’Université, à proximité de la prestigieuse maison d’édition. Et le quotidien ajoute « On lui retire le téléphone, on lui demande de se taire, on lui explique qu’il est instrumentalisé par son comité de soutien, par ses amis, dont il doit se tenir à distance. » Plusieurs membres de son comité de soutien ont confirmé à 21News cette version des faits. Gallimard ne laissait, Boualem Sansal, prendre la parole librement et on l’écartait de différentes personnes de son comité de soutien qui ne pouvait plus prendre contact avec lui.
Le Figaro précise même : « On lui explique qu’il doit chuchoter lorsqu’il parle de l’Algérie ou de l’islam. Boualem Sansal tient à le rappeler : s’il distingue les musulmans et les fanatiques, il refuse de séparer l’islam de l’islamisme. Pour lui, entre les deux, il y a une différence de degré et non de nature. Il accepte dans un premier temps de faire le dos rond. Pour ne pas gêner une éventuelle libération de Christophe Gleizes, pour ne pas froisser le Quai d’Orsay et Emmanuel Macron. Otage en Algérie, il a le sentiment d’être de nouveau otage en France : du politiquement correct, de la bien-pensance germanopratine. Pour beaucoup d’intellectuels, la liberté n’est qu’un concept abstrait, une posture. Pour Boualem Sansal, c’est une réalité concrète, charnelle, viscérale. »
« Il y a des prisons officielles et il y a des captivités de convenance, tenant aux prudences d’époque et aux lâchetés propres aux hiérarchies morales. J’aurai connu les deux, sans transition, de Charybde en Scylla », écrit dans son ouvrage Boualem Sansal. On comprend mieux pourquoi dans ces conditions, la rupture avec Gallimard ne pouvait qu’être inéluctable.