Damien Ernst agressé à l’ULiège : la rectrice condamne un « acte intolérable » et envisage des poursuites
L’entartage de Damien Ernst en plein cours à l’Université de Liège suscite de nombreuses réactions. La rectrice Anne-Sophie Nyssen condamne une « agression », annonce qu’une enquête est en cours et indique que l’ULiège envisage des suites judiciaires et disciplinaires.
Publié par Rédaction
Résumé de l'article
Après l’entartage de Damien Ernst en plein cours à l’Université de Liège, la rectrice Anne-Sophie Nyssen condamne une « agression ». Une enquête est en cours et l’ULiège envisage désormais des suites judiciaires et disciplinaires.
L’agression de Damien Ernst à l’Université de Liège prend de l’ampleur. Après les réactions de plusieurs responsables politiques et le lancement d’une pétition de soutien au professeur, la rectrice de l’ULiège, Anne-Sophie Nyssen, condamne désormais officiellement les faits et annonce qu’une enquête est en cours.
Jeudi, Damien Ernst donnait cours sur le campus du Sart-Tilman lorsque plusieurs personnes ont fait irruption et lui ont lancé des tartes au visage. Des images de la scène ont ensuite circulé sur les réseaux sociaux, notamment par l’intermédiaire de la Fronde liégeoise antimilitariste (FLAM) et du Front antifasciste de Liège.
L’action a été revendiquée dans un communiqué par un collectif se présentant sous le nom de « Vrai Comité (Populaire) d’Éthique de l’ULiège » (VC(P)E-ULiège), rapporte Belga.
Le collectif affirme avoir voulu dénoncer les liens qu’il attribue à Damien Ernst avec l’industrie de l’armement et, plus généralement, les collaborations entre la recherche universitaire et le secteur de la défense.
« Exactement l’inverse du pluralisme »
L’affaire a désormais provoqué une réaction officielle de la direction de l’Université. « Je condamne fermement l’agression subie aujourd’hui par le professeur Damien Ernst, en plein cours, au sein d’un bâtiment universitaire », déclare Anne-Sophie Nyssen.
La rectrice insiste notamment sur la contradiction entre ce type d’action et les principes qui doivent, selon elle, régir le débat au sein d’une université. « Ce genre d’acte est exactement l’inverse du pluralisme et du respect mutuel que l’ULiège s’engage à incarner », poursuit-elle.
Anne-Sophie Nyssen se montre particulièrement sévère sur la méthode employée : « Une telle agression n’exprime aucune idée, ne fait avancer aucun débat et rabaisse la réflexion au niveau des instincts primaires. »
Des suites judiciaires envisagées
La condamnation de la rectrice ne devrait pas nécessairement rester symbolique. Anne-Sophie Nyssen indique qu’une enquête est actuellement menée et que l’Université « se réserve l’initiative de donner des suites judiciaires et, le cas échéant, disciplinaires à cet acte intolérable dans ses murs ».
L’éventualité de sanctions disciplinaires pourrait notamment se poser si des membres de la communauté universitaire étaient identifiés parmi les participants à l’action. La nature précise des éventuelles suites judiciaires dépendra, elle, des conclusions de l’enquête.
Francken et Bouchez ont réagi
Le ministre de la Défense Theo Francken a apporté son soutien à Damien Ernst et attribué l’action à des militants d’extrême gauche. Il a également établi un parallèle avec l’entartage subi en 2002 par l’homme politique néerlandais Pim Fortuyn, assassiné quelques semaines plus tard par Volkert van der Graaf, un militant écologiste radical.
Georges-Louis Bouchez a lui aussi condamné les faits. Le président du MR a dénoncé sur X le recours à la violence contre ceux qui ne partagent pas certaines positions politiques et défendu la participation des chercheurs universitaires aux travaux liés à la défense.
L’affaire se produit dans un contexte de débats croissants autour des collaborations entre universités, chercheurs et industrie de la défense. Damien Ernst, professeur à l’ULiège et spécialiste des questions énergétiques, participe notamment à des travaux liés à l’intelligence artificielle et à la défense.