Entretien avec Stéphane Wahnich : « Le problème, c’est Netanyahou »
Une majorité politique existe-t-elle en Israël sans Benjamin Netanyahou ? Pour Stéphane Wahnich, chercheur en communication politique à Tel-Aviv, Gadi Eisenkot tente de résoudre cette équation par une stratégie en deux temps.
Publié par Nicolas de Pape
Résumé de l'article
Pour Stéphane Wahnich, Gadi Eisenkot peut dénouer le blocage politique israélien en écartant Netanyahou avant de construire une coalition élargie.
Une alternance ne modifierait toutefois pas les grandes exigences sécuritaires face à l’Iran, au Hamas et au Hezbollah.
Très critique envers Donald Trump et Emmanuel Macron, il dénonce des choix dictés, selon lui, par des intérêts économiques ou de politique intérieure.
Spécialiste du discours frontiste, il souligne la rupture de Marine Le Pen avec l’antisémitisme paternel, sans y voir une garantie de soutien durable à Israël.
Sommaire
- « Eisenkot est en train de coincer tout le monde gentiment »
- « Le message des Israéliens, c’était de travailler ensemble. »
- Netanyahou : l’usure du pouvoir et le crédit de la modernisation
- Iran : neutraliser la menace ou faire tomber le régime ?
- Gaza et le Liban : la sécurité d’abord
- « On nous vend à l’autel de la paix civile française »
- Le Rassemblement National et Israël : une rupture stratégique, pas un blanc-seing
Dans cet entretien, l'universitaire analyse les contradictions de la société israélienne, les options face à l’Iran et au Hamas, mais aussi la déception envers Donald Trump. Ce spécialiste du discours frontiste porte également un regard sévère sur la politique d’Emmanuel Macron et est nuancé sur le rapprochement du Rassemblement national avec Israël.
« Eisenkot est en train de coincer tout le monde gentiment »
21News : Ni le camp de droite ni celui du centre ne disposent de 61 députés. Israël se trouve-t-il dans une impasse politique ?
Stéphane Wahnich : Ce n’est pas parce que personne n’a la majorité absolue qu’aucune majorité n’est possible. Dans le système israélien, une majorité relative peut suffire pour installer un gouvernement : il faut surtout qu’il n’y ait pas de majorité contre lui. En revanche, pour le faire tomber, il faut une majorité absolue, soit 61 députés.
La logique rappelle un peu, toutes proportions gardées, celle du 49.3 français : la question n’est pas seulement de savoir combien de députés vous soutiennent, mais combien sont prêts à vous renverser. C’est ce qui fait dire à Gadi Eisenkot qu’il peut y parvenir. Il n’a pas nécessairement une majorité absolue pour lui, mais il peut ne pas y avoir de majorité pour le faire tomber.
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