Des heures pour entrer en Belgique : les files interminables au contrôle des passeports persistent à Zaventem
D’impressionnantes files se forment toujours au contrôle des passeports des voyageurs non européens à Brussels Airport. Le phénomène n’est pas nouveau : jusqu’à quatre heures d’attente ont déjà été enregistrées cette année. En cause notamment, un manque persistant de personnel à la Police fédérale.
Publié par Harrison du Bus
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Résumé de l'article
Les longues files persistent au contrôle des passeports à Brussels Airport. Jusqu’à quatre heures d’attente ont été enregistrées en 2026, tandis que la Police fédérale souffrait encore d’un déficit de 21 % de contrôleurs à Zaventem.
Une longue file de voyageurs serpente dans les couloirs de Brussels Airport. Sur des photos prises ce week-end à l’arrivée des vols non-Schengen, les passagers s’alignent derrière les barrières du contrôle des passeports sur une distance impressionnante. Pour les détenteurs de passeports européens, le passage par les portiques automatiques est, lui, beaucoup plus rapide.
La scène pourrait passer pour l’accident d’une matinée particulièrement chargée. Elle illustre pourtant un problème dont Brussels Airport et les autorités fédérales ont déjà reconnu l’ampleur à plusieurs reprises cette année.
En mars, Brussels Airport faisait état de temps d’attente dépassant trois heures à l’arrivée pour les voyageurs non européens. Près de 600 passagers au départ avaient également manqué leur avion en seulement quatre jours à cause des difficultés rencontrées aux contrôles frontaliers. Trois mois plus tard, le problème n’était toujours pas résorbé : le 8 juin, les voyageurs non européens avaient attendu jusqu’à quatre heures à leur arrivée, contre seulement 10 à 15 minutes pour les passagers européens.
Un manque de 21 % de contrôleurs
La responsabilité du contrôle des frontières ne relève pas directement de Brussels Airport, mais de la Police aéronautique de la Police fédérale. Celle-ci contrôle les voyageurs franchissant les frontières extérieures de l’espace Schengen et vérifie notamment leurs documents d’identité.
Or, le manque de personnel est connu. Lors de discussions à la Chambre, il a été rappelé qu'en mars 2026, le déficit d'effectifs parmi les contrôleurs de LPA BruNat, l'unité compétente à Brussels Airport, atteignait 21 %. Le gouvernement avait alors annoncé son intention de renforcer structurellement le dispositif et évoqué le déploiement de 60 personnes supplémentaires d'ici à la fin de l'année.
Le personnel n'est cependant pas le seul problème. Les autorités ont également identifié l'infrastructure et l'automatisation des contrôles comme deux facteurs contribuant aux difficultés.
Les non-Européens particulièrement touchés
La différence spectaculaire entre les files tient aussi au fonctionnement des contrôles. Les citoyens européens disposant d'un passeport biométrique peuvent emprunter les e-gates et effectuer automatiquement une partie du passage de la frontière. Pour les ressortissants de pays tiers, les contraintes sont beaucoup plus importantes, notamment depuis le déploiement du nouveau système européen d'entrée et de sortie EES.
Brussels Airport a pourtant considérablement renforcé son infrastructure : douze nouveaux postes de contrôle ont été ajoutés aux arrivées, 33 postes ont été équipés pour les nouvelles procédures et 61 kiosques de pré-enregistrement ont été prévus. Mais l'aéroport soulignait lui-même que ces investissements ne suffiraient pas sans un nombre suffisant de policiers aux frontières.
En mars, face aux premières files massives, Brussels Airport réclamait d'ailleurs explicitement « le déploiement complet de l'ensemble des postes de contrôle aux frontières par la Police fédérale », ainsi que le retour aussi rapide que possible de l'accès aux e-gates pour certains ressortissants de pays tiers.
La situation est d'autant plus embarrassante que Brussels Airport constitue la principale porte d'entrée internationale du pays et dessert une capitale accueillant les institutions européennes, l'OTAN et de nombreuses organisations internationales. Pour un voyageur arrivant de New York, Londres ou d'une autre destination extérieure à Schengen, les premières heures passées en Belgique peuvent donc encore se résumer à une très longue file devant quelques postes de contrôle.
Une mauvaise première image de la capitale de l’Europe
Le problème dépasse le simple inconfort des voyageurs. Brussels Airport est l’une des principales portes d’entrée d’une capitale qui accueille les institutions de l’Union européenne, le siège de l’Otan, de nombreuses organisations internationales et un important tissu d’entreprises étrangères. Diplomates, fonctionnaires, hommes et femmes d’affaires ou touristes venus de l’extérieur de l’espace Schengen sont précisément parmi les voyageurs susceptibles de devoir franchir ces contrôles.
Pour une ville qui revendique son statut de capitale européenne et sa vocation internationale, laisser des visiteurs commencer leur séjour par plusieurs heures dans une file au contrôle des passeports n’est pas anodin. Il ne s’agit évidemment pas de supprimer les contrôles aux frontières, mais de disposer des effectifs et des infrastructures permettant de les assurer dans des délais raisonnables. Lorsque des attentes de trois ou quatre heures ont déjà été constatées cette année, la question relève aussi, très concrètement, de l’image que la Belgique donne à ceux qui y arrivent.
Les autorités connaissent le problème, ses causes et une partie de ses solutions. Après plusieurs épisodes ayant porté l'attente à trois, voire quatre heures cette année, les nouvelles files observées à Zaventem rappellent surtout qu'en septembre, le problème n'a manifestement pas encore disparu.