Foyer anderlechtois: Aurélie Czekalski appelle les députés à « prendre leurs responsabilités »
Avant le vote des recommandations de la commission d'enquête sur le Foyer anderlechtois, Aurélie Czekalski défend un travail qu'elle qualifie de rigoureux. Au Parlement bruxellois, les débats restent marqués par de vives tensions entre majorité et opposition.
Publié par A JS
Résumé de l'article
Aurélie Czekalski défend le travail de la commission d'enquête sur le Foyer anderlechtois avant le vote des 26 recommandations. Au Parlement bruxellois, la majorité soutient le rapport tandis que l'opposition continue de dénoncer la méthode employée lors de son élaboration.
Le Parlement bruxellois examine ce vendredi les recommandations de la commission d'enquête sur le Foyer anderlechtois dans un climat particulièrement tendu. Alors que les députés débattent des conclusions de plusieurs semaines d'auditions, la première vice-présidente de la commission d'enquête, Aurélie Czekalski (MR), défend le travail accompli et appelle chaque élu à « prendre ses responsabilités » lors du vote.
Derrière ce chiffre, il y a des vies. Sans logement stable, difficile de trouver un emploi et d'éviter de sombrer dans la précarité
Dans une vidéo diffusée avant la séance plénière, la députée rappelle les enjeux du dossier. 60.000 familles attendent aujourd'hui un logement social à Bruxelles. « Derrière ce chiffre, il y a des vies. Sans logement stable, difficile de trouver un emploi et d'éviter de sombrer dans la précarité », précise-t-elle.
Aurélie Czekalski souligne également l'ampleur des investigations menées depuis le début du mois de juin. Elle indique que la commission a entendu près de 50 témoins pendant plus de 150 heures d'audition. Les députés ont aussi analysé un important volume de documents.
Elle répond par ailleurs aux critiques formulées contre l'organisation des travaux. « Contrairement à ce que certains prétendent, ce travail n'a rien d'amateur. Nous avons travaillé avec une ligne claire, des faits, de la rigueur et zéro complaisance », déclare-t-elle.
Vingt-six recommandations soumises au vote
La vice-présidente met en avant les 26 recommandations élaborées par la commission. Elles doivent permettre de réformer le fonctionnement du logement social et de mettre fin aux ingérences politiques relevées durant les auditions. « Ce vendredi, nous votons et chacun devra prendre ses responsabilités », conclut-elle.
Cette prise de position intervient alors que les tensions restent vives entre majorité et opposition. Mardi, les groupes d'opposition avaient quitté les travaux après avoir reçu, selon eux, seulement une heure avant la réunion, un compromis de la majorité regroupant les 26 recommandations.
Vendredi, Ecolo, DéFI et le parti d'extrême gauche PTB ont renouvelé leurs critiques. Ils dénoncent la méthode de travail retenue et regrettent de ne pas avoir pu défendre plusieurs de leurs propres propositions en commission.
Des divergences toujours marquées
Les représentants de la majorité défendent, eux, le déroulement de la commission. Ils estiment que les auditions ont permis d'identifier plusieurs dysfonctionnements au sein du Foyer anderlechtois. Selon eux, les recommandations doivent aussi améliorer la gouvernance de l'ensemble des sociétés de logement social bruxelloises et de la Société du Logement de la Région de Bruxelles-Capitale.
Le député MR Louis de Clippele a averti qu'un rejet des recommandations empêcherait la transmission au juge d'instruction d'informations recueillies à huis clos, comme le prévoit le texte adopté par la majorité.
De son côté, Imane Belguenani (Anders) a comparé les propositions de la majorité avec celles déposées par l'opposition. Selon elle, près de la moitié des recommandations retenues figurent également dans les textes défendus par les autres groupes politiques.
Les Engagés ont adopté une position plus nuancée. Sans remettre en cause les recommandations, Marie Cruysmans regrette que le rapport final ne décrive pas plus clairement la situation au Foyer anderlechtois. D'après elle, les auditions ont fait apparaître des dérives de gouvernance autour de la présidence. Elle évoque des interventions dans les attributions, les mutations et les dérogations de logements, mais aussi dans la gestion des relations avec le personnel.
Les débats devraient encore se prolonger. Une cinquantaine d'amendements ont été déposés. Chaque auteur dispose de cinq minutes pour défendre son texte avant le vote final.