« Je serai candidat » : Xavier Bertrand entre dans la course à l’Élysée
Xavier Bertrand a confirmé jeudi sa candidature à l’élection présidentielle de 2027. Le président des Hauts-de-France refuse toutefois de participer à une primaire de la droite et du centre, déjà écartée par plusieurs autres prétendants, laissant entière la question de la dispersion des candidatures.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Xavier Bertrand a officialisé sa candidature à la présidentielle de 2027. Le président des Hauts-de-France refuse toute primaire de la droite et du centre.
Il n’entretient désormais plus aucun doute. Xavier Bertrand a officiellement confirmé, jeudi 27 août, son intention de concourir à l’élection présidentielle de 2027. Interrogé lors de l’Université de rentrée du Medef, le président de la région Hauts-de-France a répondu sans détour : « Je serai candidat. »
L’ancien ministre du Travail et de la Santé entend cependant mener sa campagne selon ses propres règles. Pas question, notamment, de soumettre sa candidature à une primaire de la droite et du centre.
« On ne va pas faire les mêmes erreurs à chaque fois », a-t-il expliqué jeudi pour justifier son refus.
Le souvenir cuisant de 2021
Xavier Bertrand sait précisément ce qu'une primaire peut coûter. À l'approche de la présidentielle de 2022, il avait longtemps défendu une candidature indépendante avant de finalement accepter de participer au congrès des Républicains organisé en décembre 2021.
Le scrutin interne avait tourné à son désavantage : arrivé quatrième au premier tour, il avait été éliminé avant que Valérie Pécresse ne remporte l'investiture LR. Celle-ci avait ensuite obtenu 4,78 % des suffrages au premier tour de l'élection présidentielle.
Cinq ans plus tard, Xavier Bertrand ne paraît donc nullement disposé à renouveler l'expérience. Sa candidature est annoncée ; elle ne sera pas conditionnée, à l'entendre, au verdict d'une procédure de départage préalable.
Une primaire que les principaux prétendants boudent
Cette position intervient pourtant alors qu'une partie de la droite et du centre tente précisément de remettre sur pied une candidature commune. Mercredi, plus de 200 élus et anciens responsables politiques ont appelé, dans une tribune publiée par Le Figaro, à l'organisation d'une primaire « ouverte, loyale et incontestable ».
Parmi les signataires figurent notamment Hervé Morin, président de la région Normandie, le député Charles de Courson et le maire LR de La Baule Franck Louvrier. Leur proposition prévoit que tous les participants s'engagent à reconnaître le résultat et à soutenir le vainqueur.
Mais l'idée se heurte à un problème de taille : ceux qu'elle devrait départager ne se pressent guère pour y participer.
Gabriel Attal n'a pas complètement fermé la porte. Bruno Retailleau et Édouard Philippe ont, eux, déjà rejeté l'hypothèse. Xavier Bertrand rejoint désormais explicitement ce camp du refus.
Le risque d’un embouteillage à droite
À moins d'un an du premier tour, l'équation demeure donc entière pour la droite et le centre. Plusieurs personnalités susceptibles de prétendre à l'Élysée veulent concourir, tandis qu'aucun mécanisme commun ne fait aujourd'hui autorité pour les départager.
La déclaration de Xavier Bertrand a ainsi le mérite de la clarté : il sera candidat, indépendamment d'une éventuelle primaire. Mais elle rend un peu plus tangible le risque d'une multiplication des candidatures issues de l'espace allant du centre à la droite.
L'ancien ministre, qui avait accepté en 2021 de se soumettre au choix de sa famille politique avant de s'incliner, semble cette fois décidé à ne laisser à personne le soin de décider à sa place s'il peut concourir à l'Élysée.