« Je trouve cela dégoûtant » : Raoul Hedebouw s'en prend violemment au patron d'Odoo
Invité de Martin Buxant sur RTL Info, le président du PTB Raoul Hedebouw a vivement attaqué Fabien Pinckaers, fondateur d'Odoo, après que celui-ci a évoqué un possible départ de Belgique en cas de taxe sur les grandes fortunes. Il a qualifié cette position de « dégoûtante ».
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Sur RTL Info, Raoul Hedebouw a qualifié de « dégoûtante » la menace du patron d'Odoo, Fabien Pinckaers, de quitter la Belgique si une taxe sur les grandes fortunes était instaurée.
Le débat sur la taxation du patrimoine continue d'enflammer la scène politique belge. Invité de Martin Buxant sur RTL Info, le président du PTB, Raoul Hedebouw, a salué la proposition du président des Engagés, Yvan Verougstraete, avant de s'en prendre avec une rare virulence au fondateur d'Odoo, Fabien Pinckaers.
Le chef du parti communiste n'a pas mâché ses mots : « Je trouve cela dégoûtant. »
Le PTB salue l'ouverture des Engagés
Raoul Hedebouw voit dans la proposition d'Yvan Verougstraete un signe que les idées défendues par le PTB gagnent du terrain.
« C'est positif de voir qu'une idée que nous défendons fait tache d'huile et que Les Engagés nous suivent là-dessus », a-t-il déclaré.
Le président du PTB souligne néanmoins une différence importante entre les deux projets.
Là où Les Engagés proposent une contribution progressive dès 500.000 euros de patrimoine, le PTB continue de défendre sa « taxe des millionnaires », qui prévoit un impôt de 2 % sur les patrimoines supérieurs à 5 millions d'euros et de 3 % au-delà de 10 millions.
Selon Hedebouw, il convient de « toucher le pour cent le plus riche » plutôt que les personnes ayant constitué progressivement leur patrimoine au fil de leur carrière.
« Il va se barrer... je trouve cela indécent »
Le ton est monté lorsqu'a été évoquée la récente prise de position de Fabien Pinckaers. Le patron d'Odoo avait expliqué qu'une taxation des grandes fortunes pourrait l'amener à quitter la Belgique.
Une déclaration qui a suscité une réaction particulièrement sévère du président du PTB.
« Le petit pensionné qui touche 1.300 euros par mois, qui sera touché par la hausse des accises et des impôts, il ne peut pas partir, alors que ce chef d'entreprise, qui a 8,6 milliards d'euros de patrimoine, il va se barrer. Je trouve cela indécent », a lancé Hedebouw.
Il estime que les grandes fortunes doivent davantage contribuer au financement collectif, rappelant notamment que « c'est la société qui a payé pour l'enseignement de ces ingénieurs ».
« Un paradis fiscal pour les super-riches »
Le président du PTB a également dénoncé ce qu'il considère comme une profonde injustice fiscale.
Selon lui, « les travailleurs paient en moyenne 43 % d'impôts » tandis que « le pour cent le plus riche paie en moyenne 23 % ». « On paie deux fois moins d'impôts quand on est un super-riche », a-t-il affirmé.
Raoul Hedebouw rejette par ailleurs l'idée que les plus grandes fortunes quitteraient massivement le pays en cas d'instauration d'un nouvel impôt sur le patrimoine.
À ses yeux, ces menaces relèvent davantage de la stratégie de communication que d'une véritable intention de départ.
« Les études internationales démontrent que les grands bourgeois restent dans leur pays parce que c'est là que se trouve leur tissu économique », a-t-il soutenu.
Le président du PTB a conclu en reprenant une formule qu'il utilise régulièrement dans ses interventions : « La Belgique est un paradis fiscal pour les super-riches et un enfer fiscal pour les travailleurs. Ce sont juste des menaces. »
Cette nouvelle passe d'armes illustre à quel point le débat sur une éventuelle taxation des patrimoines s'impose progressivement comme l'un des principaux enjeux politiques à l'approche des prochaines discussions budgétaires.