Ducarme défend le projet de visites domiciliaires et est comparé aux nazis par le PS de Charleroi
Le conseil communal de Charleroi a adopté lundi soir, avec les voix du PS et du PTB, une motion réclamant le retrait du projet fédéral sur les visites domiciliaires. Un vote qui a fracturé la majorité locale et provoqué une vive réaction de Denis Ducarme, qui accuse la gauche de caricaturer le texte et de « pulvériser le point Godwin ».
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
PS et PTB ont fait adopter à Charleroi une motion contre les visites domiciliaires. Denis Ducarme dénonce une « pulvérisation du point Godwin » et une caricature du projet fédéral.
Le dossier des visites domiciliaires s’impose progressivement comme l’un des nouveaux foyers de tension politique entre la coalition Arizona et la gauche francophone.
Lundi soir, le conseil communal de Charleroi a adopté une motion portée par le PS et amendée par le PTB demandant au gouvernement fédéral de retirer son projet de loi autorisant certaines visites domiciliaires dans le cadre de la lutte contre l’immigration illégale. Le MR a voté contre, tandis que les Engagés se sont abstenus, révélant au passage les lignes de fracture qui traversent déjà plusieurs majorités locales.
Le texte fédéral, porté par la ministre de la Justice Annelies Verlinden et la ministre de l’Asile et de la Migration Anneleen Van Bossuyt, prévoit la possibilité, sous l’autorisation d’un juge d’instruction, de pénétrer dans un domicile entre 5h et 21h afin d’y interpeller une personne en séjour irrégulier « pour laquelle il existe des motifs raisonnables de croire qu’elle représente un risque pour l’ordre public ou la sécurité nationale ».
Dans leur motion, les élus socialistes dénoncent une atteinte disproportionnée aux libertés fondamentales. Le texte invoque notamment les articles 15 et 22 de la Constitution belge relatifs à l’inviolabilité du domicile, l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme ainsi que plusieurs avis critiques du Conseil d'État, de Myria, de l’Autorité de protection des données ou encore de l’Association des juges d’instruction.
La motion estime également que le projet « stigmatise et criminalise les personnes en situation de séjour irrégulier et risque d’installer une peur permanente » parmi les familles concernées. Le conseil communal demande dès lors au gouvernement fédéral de retirer le texte et appelle les autres communes du pays à adopter des motions similaires dans le cadre du mouvement des « communes hospitalières ».
« On condamne un texte avant même sa version définitive »
Joint par 21News, Denis Ducarme s’est montré très critique à l’égard de cette initiative.
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