Fabrice Brion : « Si la proposition d'Yvan Verougstraete venait à être votée je serai face à un dilemne: m'exiler ou vendre I-care. »
Face à une pression fiscale jugée étouffante, plusieurs figures de l'entrepreneuriat belge, dont Fabrice Brion patron d'I-Care, prennent publiquement position. Un signal fort qui traduit un malaise croissant et relance le débat sur le modèle économique et budgétaire du pays.
Publié par J.PE
Résumé de l'article
Fabrice Brion, patron d'I-Care, alerte sur la pression fiscale en Belgique et ses effets sur l'investissement. Comme d'autres entrepreneurs, il n'exclut pas un départ si le cadre fiscal vient à se durcir davantage.
Après le patron d’Odoo, Fabian Pinckaers c’est un autre grand patron wallon qui s’implique dans le débat public à savoir le patron d’I-Care. On peut se réjouir que les entrepreneurs commencent à investir le débat public. Ils ne l’ont pas fait souvent dans le passé, laissant la place aux syndicats et autres asbl subsidiées.
Les entrepreneurs entrent dans le débat public
Est-ce que la coupe commencent à être pleine pour les chefs d’entreprises dans ce pays vu le taux de taxation que nous connaissons en Belgique ? Est-ce que la sortie du patron des Engagés a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase et qui a fait sentir aux chefs d’entreprises de ce pays qu’il était temps qu’ils investissent aussi dans le débat public ? Sans doute.
L’ancien ministre, Vincent Van Quickenborne le dit sans détour dans une interview à 21News ce week-end : « Cela fait des mois que nous entendons en Flandre des entrepreneurs envisager de s'installer en Italie, au Portugal ou en Suisse, mais c'est, à ma connaissance, la première fois qu'un grand entrepreneur wallon le dit aussi explicitement. »
Une pression fiscale jugée dissuasive
Le patron d’Odoo a donc écrit une carte blanche dans l’Echo pour dire ce qu’il pensait d’une taxation supplémentaire en Belgique et le message est clair.
Il signale qu’il ne faut plus augmenter les impôts déjà parmi les plus élevés au monde mais la croissance : « Je pense que nous atteignons aujourd'hui des niveaux qui sont difficilement augmentables. Pourquoi ne pas se concentrer sur l'augmentation des revenus par des mesures permettant de booster la croissance économique? La Pologne est à 3,6%. La Chine à 5,4%. Les USA à 2,4%. La Belgique péniblement à 1%. »
Alléger un État jugé trop complexe
Il souhaite que l’Etat se concentre sur la baisse des dépenses : « Simplifier l'État. La structure de notre état, politique et opérationnelle (intercommunales, asbl…) est trop lourde et trop complexe. Demandez aux fonctionnaires eux-mêmes et ils vous donneront des pistes pour économiser des milliards en frais de fonctionnement sans toucher à la qualité du service rendu. Par exemple, je connais de nombreux cas où un service public attaque un autre en justice. Cela fait des mois ou des années de procédure… où l'argent public est dépensé en même temps pour attaquer et défendre… »
La menace d'un départ
Le patron d’I-Care explique enfin ne pas être riche et déclare qu’il a tout réinvesti dans sa société pour lui permettre de devenir une licorne et que lui aussi pourrait devoir quitter la Belgique. Ainsi il déclare : « Mais aujourd'hui, ce n'est pas encore possible.
Si la proposition d'Yvan Verougstraete venait à être votée, comme Fabien, je serais face à un dilemme, m'exiler ou vendre I-care. »