Kiev frappe loin, Moscou encaisse : le tournant silencieux de la guerre
Après la montée en puissance des frappes ukrainiennes en profondeur, une nouvelle réalité s’impose : la guerre ne se joue plus uniquement en Ukraine. Elle commence à peser, matériellement et symboliquement, sur le territoire russe lui-même — sans pour autant faire basculer l’équilibre du conflit.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Les frappes ukrainiennes touchent désormais la Russie en profondeur, sans encore briser son économie, mais en exposant une nouvelle vulnérabilité stratégique.
Pendant longtemps, la Russie a mené la guerre à distance. Les destructions, les coupures d’électricité, les frappes massives appartenaient au quotidien ukrainien, tandis que le territoire russe restait, pour l’essentiel, préservé. Cette dissymétrie, centrale dans la stratégie du Kremlin, commence à s’effriter.
Le signe le plus frappant n’est pas militaire. Il est politique et symbolique. À Moscou, le défilé du 9-Mai — moment cardinal du récit national russe — doit se tenir cette année sans équipements lourds. Ni chars, ni systèmes d’armes majeurs, ni démonstration de puissance classique. Officiellement, la décision répond à des contraintes opérationnelles. En réalité, elle traduit une inquiétude plus profonde : la guerre ne peut plus être totalement tenue à distance.
Une profondeur stratégique moins étanche
La Russie conserve des atouts considérables. Son territoire est vaste, son appareil militaire reste massif, et son économie de guerre continue de fonctionner. Mais elle n’est plus totalement sanctuarisée.
Les frappes ukrainiennes, désormais régulières et étendues, atteignent des zones longtemps considérées comme hors de portée. Elles perturbent les transports, provoquent des interruptions temporaires, forcent les autorités à adapter leurs dispositifs de sécurité et, surtout, installent une incertitude nouvelle.
Ce basculement est moins visible qu’une percée militaire. Il est pourtant significatif. La guerre ne se limite plus à une ligne de front. Elle diffuse dans la profondeur du territoire russe, avec des effets cumulatifs encore difficiles à mesurer mais déjà perceptibles.
Une stratégie d’usure, pas de rupture
Il serait toutefois excessif d’y voir un tournant décisif. Les capacités ukrainiennes progressent, mais elles ne suffisent pas, à ce stade, à désorganiser durablement la puissance russe.
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