La Wallonie veut automatiser son administration grâce à l'IA : les syndicats craignent pour l'emploi
Le gouvernement wallon entend accélérer l'utilisation de l'intelligence artificielle dans les services publics afin de réduire la bureaucratie et les délais de traitement. Une ambition de modernisation saluée par les entreprises, mais qui suscite déjà l'inquiétude de la CGSP pour l'avenir des agents.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Le gouvernement wallon veut automatiser les tâches administratives grâce à l'IA. La CGSP craint des conséquences sur l'emploi des agents contractuels.
Moins de paperasse, des procédures simplifiées et une administration plus rapide : le gouvernement wallon veut faire de l'intelligence artificielle un levier de modernisation des services publics. Une évolution qui pourrait transformer le quotidien des fonctionnaires, mais aussi celui des citoyens confrontés aux lenteurs administratives.
Selon RTL info, l'exécutif régional entend développer l'automatisation des tâches répétitives afin de permettre aux agents de se consacrer davantage aux missions nécessitant une intervention humaine.
« L'objectif, c'est d'automatiser les tâches répétitives, de libérer du temps pour les missions à valeur ajoutée réelle », explique la ministre wallonne Jacqueline Galant (MR). Elle résume l'ambition du gouvernement en quelques mots : « Moins de paperasse, des procédures plus simples et des délais de traitement plus courts. »
Moderniser les services publics et rattraper le retard technologique
L'initiative s'inscrit dans une volonté plus large d'accélérer l'adoption de l'intelligence artificielle en Wallonie, tant dans les administrations que dans le secteur privé.
D'après les chiffres rapportés par RTL info, seules 28 % des PME wallonnes utilisaient l'intelligence artificielle en 2025. Le gouvernement souhaite encourager davantage d'entreprises à adopter ces technologies pour améliorer leur productivité.
Dans les administrations, l'automatisation pourrait notamment alléger le traitement de certaines opérations répétitives et réduire les délais auxquels sont confrontés les usagers. Les applications précises, les économies attendues et le calendrier de déploiement restent toutefois à détailler.
L'organisation patronale AKT for Wallonia accueille favorablement cette orientation, qu'elle qualifie de « signal fort ».
La CGSP redoute le remplacement des agents par l'intelligence artificielle
Du côté syndical, l'enthousiasme est nettement plus mesuré. La CGSP craint que les gains de productivité permis par l'intelligence artificielle ne finissent par se traduire par des suppressions de postes, notamment parmi les contractuels.
« Ce que je crains, c'est que l'intelligence artificielle, si ce n'est pas bien négocié, prenne la place des agents », explique Carole Peromet, secrétaire régionale du syndicat, interrogée par RTL info.
« Donc à ce moment-là, les contractuels perdront leur place et je ne sais pas ce qu'ils vont devenir. Donc ça me fait très peur », ajoute-t-elle, déplorant un manque d'encadrement de cette transformation technologique.
Ces inquiétudes soulèvent une question centrale : les gains d'efficacité serviront-ils à améliorer le service rendu aux citoyens, à redéployer les agents vers d'autres missions ou, à terme, à réduire les effectifs ?
Le gouvernement met pour l'instant l'accent sur la simplification administrative et la libération du temps de travail, sans annoncer dans les éléments rapportés de plan de suppression d'emplois lié à l'IA.
Reste que l'introduction de ces outils dans la fonction publique ouvre un débat de fond sur l'organisation du travail administratif. Entre la promesse d'une administration moins bureaucratique et les craintes syndicales pour l'emploi, la Wallonie devra désormais démontrer que sa modernisation produit des résultats concrets pour les citoyens.