« Les patrimoines peuvent sortir de Belgique » : une économiste met en garde contre la taxation des grandes fortunes
Alors que le PTB, le PS et Ecolo réclament de taxer davantage les grandes fortunes, l’économiste Charlotte de Montpellier met en garde contre les effets pervers d’une telle mesure. Les patrimoines étant mobiles, une fiscalité excessive pourrait faire perdre à la Belgique recettes et investissements.
Publié par Rédaction
Résumé de l'article
Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, met en garde contre une taxation excessive des grandes fortunes : la fuite des capitaux pourrait coûter à la Belgique des recettes fiscales et des investissements.
Taxer davantage les grandes fortunes pour redresser les finances publiques belges ? L’idée rassemble le PTB, le PS et Ecolo dans l’opposition et trouve également des défenseurs au sein de la majorité Arizona. Mais elle pourrait produire l’effet inverse de celui recherché, avertit Charlotte de Montpellier, économiste à ING.
Invitée ce matin de Face à Buxant sur bel RTL, l’économiste rappelle une particularité essentielle des grandes fortunes : contrairement à de nombreuses autres bases fiscales, elles peuvent facilement se déplacer.
« Les patrimoines, par principe, peuvent changer de pays, peuvent sortir de la Belgique. Ils sont mobiles », souligne-t-elle.
Une taxation supplémentaire pourrait donc pousser certains détenteurs de capitaux à quitter le pays. Avec un double effet négatif pour l’économie belge : une diminution des recettes fiscales espérées et moins de capitaux disponibles pour financer l’investissement.
« On sait qu’on a besoin de capital pour relancer l’économie, pour réinvestir dans le futur », rappelle Charlotte de Montpellier. « Si on a des capitaux qui s’en vont, eh bien, globalement, on a perdu en termes de recettes et on a perdu en termes de potentiel de croissance. »
L’économiste ne rejette toutefois pas par principe toute contribution supplémentaire des patrimoines les plus importants. « Certaines mesures peuvent se justifier », estime-t-elle, mais elles ne sauraient constituer à elles seules une réponse au problème budgétaire belge.
« Il faut être bien clair que ce n’est pas la solution pour permettre de régler le problème. Ce n’est pas la seule solution », conclut-elle.
Le débat se produit dans un contexte budgétaire particulièrement tendu. Le coût de financement de la Belgique s’est encore alourdi lundi : le taux d’intérêt de la dette belge à dix ans a dépassé 4,3 %, son plus haut niveau depuis 2008.