L’IA supprimerait 92 millions d’emplois d’ici 2030 et en créerait 170 millions. Mais ils ne sont pas interchangeables
Le Forum économique mondial prévoit un solde positif de 78 millions de postes à l’horizon 2030. Mais les travailleurs déplacés ne sont ni au bon endroit, ni au bon moment, ni avec les bonnes compétences pour occuper les emplois qui apparaissent. La transition s’annonce plus brutale que les chiffres agrégés ne le laissent croire.
Publié par A.G.
Résumé de l'article
Si l'intelligence artificielle est à la source de nombreux licenciements, elle va aussi contribuer à créer des emplois. C'est ce que relatent plusieurs études prospectives.
Les premières victimes sont déjà là. Au premier semestre 2025, près de 78.000 salariés du secteur technologique américain ont perdu leur poste à cause de l’intelligence artificielle. Le chiffre frappe, mais il masque une réalité plus précise. Ce sont les jeunes qui paient le prix le plus lourd. Selon la Federal Reserve de Dallas, l’emploi des 22-25 ans dans les métiers les plus exposés à l’IA a reculé de 13 % depuis 2022. Chez les 20-30 ans, le chômage dans les postes technologiques a progressé de trois points en six mois.
Les femmes sont aussi en première ligne. Une analyse de la Society for Human Resource Management montre que 79 % des femmes actives aux États-Unis occupent un emploi à risque élevé d’automatisation, contre 58 % des hommes. La raison est simple : le support administratif, le service client et le travail de bureau, soit exactement les fonctions que l’IA générative remplace le plus vite, emploient une majorité de femmes.
Problème de géographie
La géographie ajoute une couche de complexité. L’adoption de l’IA s’accélère dans les pôles technologiques comme San Francisco, Seattle ou Boston. Les régions rurales subissent un déplacement plus lent, mais elles n’ont pas non plus accès aux nouveaux emplois qui émergent.
Le défi n’est pas de savoir si la croissance nette de l’emploi aura lieu. Le défi est que les compétences des travailleurs déplacés ne correspondent pas aux postes créés. Un comptable de 40 ans à Des Moines ne peut pas se reconvertir en ingénieur IA et n’a pas les moyens de déménager à Seattle.
De nouveaux métiers, mais pas pour tout le monde
Les projections du Forum économique mondial, de McKinsey et du Fonds monétaire international convergent. L’IA devrait supprimer 92 millions de postes d’ici 2030 tout en en créant 170 millions. Le solde net serait donc positif de 78 millions d’emplois. L’histoire récente conforte cette logique : internet a fait disparaître les agents de voyage et les archivistes, mais a créé les développeurs web et les spécialistes du marketing numérique.
Pour continuer la lecture, abonnez-vous ou utilisez un crédit.
Déjà abonné(e) ? Se connecter