En Corse, les villas à 10 ou 20 millions d’euros ne connaissent pas la crise
Alors que l’immobilier traditionnel peine à repartir, l’ultra-luxe corse continue d’afficher des prix vertigineux. Dans l’Extrême-Sud, où se concentrent 80 % des transactions de prestige, la raréfaction des propriétés en bord de mer entretient un marché presque insensible à la conjoncture.
Publié par Harrison du Bus
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Résumé de l'article
Jusqu’à 18 millions d’euros pour une villa en Corse : malgré la crise immobilière, l’ultra-luxe résiste grâce à la rareté des propriétés en bord de mer.
18 millions d’euros pour une villa construite dans les rochers avec sa propre crique. 16 millions pour 430 m² avec accès direct à la plage. Près de 9 millions pour une propriété dominant les îles Lavezzi. En Corse, une petite partie du marché immobilier semble vivre très loin de la crise qui touche le reste du secteur.
Selon Paris Match, les propriétés les plus exceptionnelles de l'île continuent de trouver preneur auprès d'une clientèle internationale fortunée, beaucoup moins dépendante des taux d'intérêt et des conditions d'accès au crédit.
À ces niveaux de prix, les transactions sont d'ailleurs fréquemment réalisées sur fonds propres. La question pour l'acheteur n'est plus seulement de savoir si une propriété vaut sept, dix ou quinze millions d'euros, mais s'il existe ailleurs un bien comparable.
Un « triangle d'or » à plusieurs millions
L'essentiel de ce marché se concentre dans l'Extrême-Sud de la Corse. Quelque 80 % des ventes de prestige seraient réalisées dans le « triangle d'or » formé par Porto-Vecchio, Bonifacio et Pianottoli-Caldarello.
Le ticket moyen y atteint désormais sept à huit millions d'euros. Sur l'île de Cavallo, surnommée « l'île aux milliardaires », une maison de 300 m² dessinée dans la roche par l'architecte Savin Couelle et installée sur une presqu'île de près d'un hectare est ainsi proposée à 8,5 millions d'euros.
À Cala Rossa, une propriété de 430 m² avec parc arboré et accès direct à la plage atteint 16 millions. Une autre villa située à Cavallo, dotée d'une crique privée permettant d'accoster directement, est affichée à 18 millions d'euros.
Les acquéreurs recherchent généralement les mêmes caractéristiques : vue sur la Méditerranée, accès direct à la mer, architecture remarquable et, surtout, absence de vis-à-vis.
Une rareté qui protège les prix
Cette résistance de l'ultra-luxe tient largement à la raréfaction de l'offre. Les règles d'urbanisme et de protection du littoral rendent désormais extrêmement difficile la construction de nouvelles propriétés comparables.
Les acheteurs ne paient donc plus seulement une maison. Ils acquièrent également une implantation devenue pratiquement impossible à reproduire : terrain en bord de mer, droits de construction existants, accès à une plage ou à une crique et confidentialité.
Cette rareté serait telle que les professionnels interrogés par Paris Match estiment qu'un recul de la demande ne provoquerait pas nécessairement une baisse significative des prix.
Les plus belles villas ne sont même plus annoncées
Le marché corse connaît enfin une autre évolution : le développement spectaculaire du « off market ».
Certaines des propriétés les plus prestigieuses ne sont plus publiquement proposées à la vente. Les agences mettent directement en relation propriétaires et acquéreurs fortunés, sans annonce ni prix affiché.
Des acheteurs mandatent même des intermédiaires pour approcher les propriétaires de maisons qui ne sont officiellement pas à vendre.
Un paradoxe résume ainsi ce marché très particulier : plus une villa corse est exceptionnelle et chère, moins elle a de chances d'apparaître sur les sites immobiliers traditionnels.
Alors que le marché français reste pénalisé par le coût du crédit et les incertitudes économiques, le littoral corse rappelle ainsi que l'immobilier d'exception obéit à une autre logique : celle d'une offre presque impossible à renouveler face à des fortunes pour lesquelles le financement constitue rarement un obstacle.