Petra De Sutter à la tête de l’UGent : Joren Vermeersch dénonce un rectorat « idéologique »
La nouvelle orientation de l’Université de Gand était-elle prévisible dès l’élection de Petra De Sutter au rectorat ? Pour Joren Vermeersch, la réponse est oui. L’essayiste et juriste flamand dénonce la politisation de son ancienne université et appelle à renouer avec une « neutralité politique et idéologique ».
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Joren Vermeersch dénonce le virage « idéologique » de l’UGent sous Petra De Sutter et appelle son ancienne université à renouer avec une stricte neutralité politique.
Les premières controverses du rectorat de Petra De Sutter n'ont rien d'un accident de parcours, estime Joren Vermeersch. Dans un long message publié sur X, l'essayiste flamand, lui-même titulaire de deux masters de l'Université de Gand, livre une charge sévère contre l'orientation prise par son alma mater depuis l'arrivée de l'ancienne vice-Première ministre Groen à sa tête.
Bedenking over de koers van rector De Sutter aan mijn alma mater UGent en waarom het brokkenparcours voorspelbaar was.👇🏻
— Joren Vermeersch (@JorenVermeersc1) August 21, 2026
De politieke partij Groen staat vandaag aan het uiterst-linkse spectrum van het Vlaamse politieke landschap, samen met de PVDA. Ze vertegenwoordigt maar zo'n…
Son raisonnement part précisément du passé politique de la nouvelle rectrice. Groen se situe, selon lui, « à l'extrême gauche du spectre politique flamand, aux côtés du PVDA » et ne rassemble qu'environ 6 % des électeurs.
Un faible poids électoral que Vermeersch attribue à « un radicalisme culturel et socio-économique, couplé à un manque de disposition au compromis ».
« Si l'on choisit alors une vice-Première ministre de ce parti comme rectrice de l'UGent, on sait ce qui va se passer », poursuit-il : « le rectorat prendra des décisions idéologiques fortement marquées à gauche-progressiste ».
« Plus le progressisme est radical, plus il est intolérant »
Joren Vermeersch met également en cause une partie du corps académique ayant soutenu Petra De Sutter lors de son élection. Selon lui, une « minorité significative » d'universitaires gantois radicalement progressistes souhaitait précisément cette évolution.
« Beaucoup d'entre eux considéraient depuis longtemps que l'université "leur" appartenait », accuse-t-il.
Et le juriste va plus loin : « Plus le progressisme est radical, plus il est intolérant. » Il attribue cette attitude au sentiment de « supériorité morale » qui conduirait, selon lui, certains progressistes à considérer les opinions divergentes non seulement comme différentes, mais comme intrinsèquement « inférieures et donc erronées ».
Il cite notamment le cas du chercheur Nathan Cofnas, dont les travaux et prises de position controversés ont provoqué de fortes tensions au sein de l'université. Vermeersch accuse ses opposants de chercher désormais « un bâton pour le chasser » pour des motifs idéologiques.
Albanese, Cofnas : les polémiques s'accumulent
L'essayiste prend néanmoins soin de distinguer ces militants des autres universitaires ayant soutenu Petra De Sutter.
Certains, explique-t-il, auraient voté pour elle pour des motifs différents, notamment en raison de leurs préoccupations climatiques. Ceux-là seraient désormais « choqués par l'élan idéologique de la nouvelle rectrice ».
À ses yeux, les controverses commencent déjà à s'accumuler. Vermeersch mentionne notamment le doctorat honorifique controversé accordé à Francesca Albanese, qui aurait profondément divisé le conseil d'administration, ainsi que la décision concernant l'alerte liée à Nathan Cofnas.
Autant d'épisodes qui constitueraient, selon lui, les symptômes d'une même évolution : celle d'une université prenant progressivement position dans les affrontements politiques et idéologiques de son époque.
« Ramener à nouveau le calme dans la maison »
Vermeersch précise qu'il ne parle pas en qualité d'académicien de l'UGent, mais d'« alumni fier et inquiet » ayant obtenu deux masters dans l'établissement.
Et il pose une question qui constitue le cœur de son intervention : « Mon université ne serait-elle pas mieux servie par un recteur strictement apolitique ? »
Mon université ne serait-elle pas mieux servie par un recteur strictement apolitique ?
Joren Vermeersch
Il imagine à sa tête « un scientifique respecté uniquement pour ses publications », capable de « ramener à nouveau le calme dans la maison » et de reconduire l'institution à ce qu'il considère comme sa fonction essentielle : « acquérir et transmettre le savoir ».
Pour Vermeersch, une seule voie permettrait d'y parvenir : faire de la « neutralité politique et idéologique » un principe explicite de gouvernement de l'université. « C'est seulement ainsi que la liberté académique peut véritablement s'épanouir », conclut-il.