Meloni : « Trump est plus conciliant avec les ennemis de l’Occident qu’avec ses alliés »
Après plusieurs semaines de tensions avec Donald Trump, Giorgia Meloni est sortie de sa réserve. La Première ministre italienne accuse le président américain de s’en prendre à ses alliés tout en se montrant plus accommodant envers les adversaires de l’Occident. Une rupture spectaculaire entre deux figures longtemps proches.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Giorgia Meloni accuse Donald Trump de traiter les alliés occidentaux plus durement que leurs adversaires et lui répond dans des termes particulièrement sévères.
Pendant longtemps, Giorgia Meloni a été présentée comme la partenaire européenne la plus proche de Donald Trump. Admiratrice assumée de certaines orientations du mouvement conservateur américain, la chef du gouvernement italien avait même tenté, depuis le retour de Trump à la Maison-Blanche, d'incarner un pont entre Washington et plusieurs capitales européennes.
Mais cette relation privilégiée semble désormais voler en éclats. Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, Giorgia Meloni a répondu avec une rare fermeté aux propos du président américain, qui avait affirmé après le sommet du G7 qu'elle l'avait pratiquement « supplié » de poser pour une photo avec lui.
Io e l’Italia non imploriamo mai. pic.twitter.com/sTpKlqWB67
— Giorgia Meloni (@GiorgiaMeloni) June 19, 2026
« Les déclarations de Donald Trump sont totalement inventées. Je suis franchement sidérée », a lancé la dirigeante italienne.
Une réaction particulièrement dure venant d'une responsable politique qui s'était jusqu'ici efforcée d'éviter toute confrontation publique avec l'administration américaine.
Les déclarations de Donald Trump sont totalement inventées. Je suis franchement sidérée
Giorgia Meloni
Une accusation directe contre Trump
Plus encore que le démenti, c'est la charge politique qui a suivi qui a marqué les observateurs. « Je ne sais pas pourquoi le président des États-Unis se comporte ainsi avec ses propres alliés », a déclaré Giorgia Meloni.
Puis la Première ministre italienne a formulé ce qui constitue probablement la critique la plus sévère adressée à Donald Trump par un dirigeant européen de droite depuis son retour au pouvoir.
« Je regrette qu'il n'ait pas la même détermination avec les ennemis de l'Occident, avec les ennemis des États-Unis, envers lesquels il se montre beaucoup plus accommodant. »
Cette phrase constitue le cœur de sa riposte. Meloni ne reproche pas seulement à Trump son ton ou ses attaques personnelles. Elle lui reproche implicitement de fragiliser le camp occidental en réservant sa dureté à ses alliés plutôt qu'à ses adversaires géopolitiques.
Après le contentieux du pape Léon XIV
Cette nouvelle passe d'armes intervient dans un contexte déjà tendu. Les relations entre les deux dirigeants s'était déjà dégradées après une précédente polémique liée au pape Léon XIV. Giorgia Meloni avait alors dénoncé comme « inacceptables » certaines attaques verbales visant le souverain pontife.
Dans une autre intervention, elle avait déjà affirmé : « Je ne me sentirais pas à l'aise dans une société où les dirigeants religieux disent ce que leur demandent les dirigeants politiques. »
Une prise de position remarquée dans un pays où la question du rapport entre le pouvoir politique et l'Église conserve une forte portée symbolique.
Pour cette affaire-ci, selon le Financial Times, Donald Trump avait ensuite reproché à Meloni son manque de soutien sur plusieurs dossiers internationaux, notamment liés à l'Iran.
« L'Italie ne mendie jamais »
La réponse de la dirigeante italienne s'est achevée sur une formule qui fait déjà le tour des médias européens. « Mais il y a une chose dont il doit se souvenir : ni moi ni l'Italie ne mendions jamais. »
Mais il y a une chose dont il doit se souvenir : ni moi ni l'Italie ne mendions jamais.
Giorgia Meloni
Le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani a dénoncé des propos « offensants pour toute l'Italie ». Le ministre de la Défense Guido Crosetto a regretté une polémique « bénéfique à personne ». Même Matteo Salvini, pourtant proche des milieux trumpistes, a pris la défense de la présidente du Conseil.
Fait plus inhabituel encore, une partie de l'opposition de gauche s'est également rangée derrière Meloni au nom de la dignité nationale.
Une fracture grandissante dans le camp occidental
Cette séquence révèle surtout une évolution plus profonde. Alors que Giorgia Meloni avait longtemps tenté de préserver une relation privilégiée avec Donald Trump malgré leurs divergences, la Première ministre italienne semble désormais considérer que certaines attaques publiques franchissent une ligne rouge.
L'affaire est d'autant plus significative qu'elle intervient au moment où plusieurs dirigeants européens s'interrogent sur la fiabilité du partenariat transatlantique et sur la stratégie américaine vis-à-vis de ses alliés.
Le soutien affiché du secrétaire d'État belge à l'Asile et à la Migration, Theo Francken, résume d'ailleurs l'état d'esprit d'une partie de la droite européenne.
De beledigingen vanuit het Witte Huis mogen ophouden. Het verdeelt het Westen en levert niets op.
— Theo Francken (@FranckenTheo) June 19, 2026
En van @GiorgiaMeloni moeten ze afblijven.
Basta!
« Les insultes venant de la Maison-Blanche doivent cesser. Elles divisent l'Occident et ne servent à rien. Et qu'on laisse Giorgia Meloni tranquille. Basta ! »
Une formule qui illustre à quel point cette querelle dépasse désormais le simple affrontement personnel entre deux dirigeants. Pour nombre de responsables européens, c'est désormais la cohésion même du camp occidental qui est en jeu.