Budget bruxellois 2027 : les Mutualités Libres saluent les efforts, mais redoutent l'après-2027
Le budget bruxellois 2027 préserve les moyens consacrés à la santé et rétablit une croissance de 1%. Les Mutualités Libres saluent cette décision du gouvernement Dilliès, mais réclament des garanties pour les années suivantes.
Publié par A JS
Résumé de l'article
Les Mutualités Libres approuvent le maintien des moyens de santé dans le budget régional 2027. Elles soutiennent particulièrement les investissements dans l'aide à domicile, la prévention et les solutions d'hébergement pour les aînés. Elles demandent néanmoins au gouvernement Dilliès de préciser sa stratégie financière jusqu'en 2029 et d'associer Iriscare aux prochaines décisions.
Le secteur social-santé bruxellois échappe aux principales restrictions budgétaires prévues pour 2027. Une décision accueillie favorablement par les Mutualités Libres, qui regroupent notamment Partenamut, première mutualité bruxelloise en nombre d'affiliés. L'organisation reconnaît les efforts du gouvernement de Boris Dilliès pour préserver les soins et les dispositifs sociaux.
Cette décision intervient alors que la Région poursuit un important assainissement de ses finances. Le gouvernement vise un déficit de 719 millions d'euros en 2027 et un retour à l'équilibre en 2029. Les Mutualités Libres craignent néanmoins que les prochaines économies ne fragilisent le secteur de la santé.
Budget bruxellois 2027 : cinq millions supplémentaires pour la santé
Le projet budgétaire réintroduit une norme de croissance de 1% pour le secteur social-santé. Cette mesure représente une enveloppe supplémentaire de cinq millions d'euros. La norme avait disparu depuis 2024, ce qui rend son rétablissement particulièrement appréciable aux yeux des mutualités.
Le gouvernement entend notamment renforcer l'aide à domicile pour les personnes âgées et les publics vulnérables. Près de trois millions d'euros doivent soutenir ces services et améliorer leur répartition sur le territoire bruxellois. L'objectif consiste à proposer une aide mieux adaptée aux besoins des bénéficiaires.
Le budget ouvre également des perspectives pour diversifier les solutions d'hébergement destinées aux aînés. Le développement de structures alternatives aux maisons de repos figure parmi les priorités. Les Mutualités Libres soutiennent aussi la création d'unités de convalescence, déjà présentes dans les deux autres Régions du pays.
Des projets pilotes pourraient également bénéficier de financements. Ils concernent notamment des unités spécialisées au sein des maisons de repos. Ces structures accueilleraient des personnes handicapées ou souffrant de troubles de santé mentale.
Une prévention renforcée, mais des objectifs encore imprécis
La prévention constitue un autre volet favorablement accueilli par les Mutualités Libres. Les intentions gouvernementales concernent notamment le dépistage des cancers et la vaccination. L'organisation regrette néanmoins l'absence de précisions suffisantes sur les résultats attendus et les moyens correspondants.
Pour les mutualités, renforcer la prévention suppose de définir des priorités mesurables. Il ne suffit pas d'annoncer des moyens supplémentaires. Encore faut-il déterminer les publics concernés, les objectifs sanitaires et les modalités d'évaluation des mesures.
L'organisation accueille également favorablement le maintien de la zone de basses émissions (LEZ), accompagné d'aménagements sociaux. Elle y voit une manière de concilier les préoccupations sanitaires et les difficultés financières de certains automobilistes. La préservation des droits aux allocations familiales reçoit également son soutien.
La crainte de nouvelles économies après 2027
Malgré cet accueil positif, les Mutualités Libres jugent la visibilité budgétaire insuffisante. Elles redoutent que les économies encore nécessaires pour atteindre l'équilibre régional ne pèsent ultérieurement sur les soins.
L'organisation demande au gouvernement de présenter une trajectoire financière détaillée jusqu'en 2029. Elle souhaite connaître les moyens envisagés pour le secteur social-santé au cours des prochaines années. Cette visibilité permettrait aux organismes concernés d'anticiper les réformes et leurs conséquences.
Les Mutualités Libres insistent également sur le rôle des instances paritaires d'Iriscare. Cet organisme bruxellois intervient notamment dans le financement de l'aide aux personnes âgées et de plusieurs dispositifs de protection sociale. Les mutualités veulent que ses instances participent à l'élaboration des orientations budgétaires, conformément au cadre légal.
Elles réclament aussi une meilleure coordination des compétences sanitaires bruxelloises. Un regroupement ciblé au sein d'une même administration pourrait, selon elles, améliorer la cohérence des politiques et générer des économies d'échelle.
Le budget 2027 apporte donc une première réponse aux préoccupations du secteur. Mais l'enjeu dépasse désormais le seul exercice annuel. Pour les Mutualités Libres, la véritable garantie résidera dans la capacité du gouvernement à préserver durablement les soins, sans compromettre son redressement financier.